Note 684 — I.—ABRÉVIATIONS
Reading edition
Comme exemple des erreurs et bévues auxquelles peuvent donner lieu les abréviations exagérées, on cite la mésaventure arrivée à l'helléniste Gail (1755-1829), lorsqu'il composa l'index bibliographique de son édition d'Anacréon. Rencontrant dans un catalogue l'annonce d'un exemplaire des Odes de ce poète, suivie de la mention e. bro., au lieu de traduire cette mention, ainsi qu'il le fallait, par exemplaire broché, il la prit pour un nom de ville, et indiqua l'édition de cet exemplaire comme imprimée à Ébro. De là et d'autres bourdes pareilles, des lazzis sans nombre sur le malheureux savant. Les critiques d'outre-Rhin lui décochèrent l'épithète latine de socors, que de mauvais plaisants traduisirent par sot corps, et le terrible Paul-Louis de déclarer, dans une lettre à son futur beau-père, que Gail lui «paraît trop sot pour être ridicule». (Cf. Curiosités littéraires, p. 286, Paris, Paulin, 1845, petit in-8, s. n. d'aut.; et P.-L. Courier, lettre à M. Clavier, datée de Rome, du 13 octobre 1810. Œuvres, p. 548. Paris, Didot, 1865; in-18.