Note 147 — Chapter XVI
Reading edition
Labat says, “Toutes les terres, en un mot qui sont neuves, c’est-à-dire qui n’ont jamais été planteés, ni semées, dans lesquelles on met des cannes aussi-tôt qu’on a abbatu les arbres qui les couvroient, portent des cannes trés grosses et en quantité, remplis de beaucoup de suc, mais gras, crud, peu sucré, trés difficile à cuire et à purifier. Je me suis trouvé quelquefois dans ces circonstances et particulierement à la Guadeloupe, ou ayant fait défricher une terre neuve, à plus d’une lieüe du bord de la mer, et l’ayant plantée en cannes c’etoit quelque chose de surprenant de voir le nombre, la grosseur et la hauteur de ces cannes, lorsqu’elles n’avoient encore que six mois; cependant je les fis couper a cet âge, et après que j’eus retiré ce dont j’avois besoin pour planter, je fis faire de l’eau-de-vie du reste, et je fis mettre le feu au terrain pour consumer les pailles, dont la pourriture n’auroit servi qu’à augmenter la graisse de la terre. Quatorze mois aprés cette coupe, je fis employer en sucre blanc les rejettons qui étoient crûs, dont la bonté repondit parfaitement à la beauté, qui ne pouvoit être plus grande.”—Nouveau Voyage &c. tom. iii. p. 339.