Note 1 — Chapter I
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“La puissance paternelle, il faut le reconnaître, perd chaque jour, de son autorité. L’esprit d’independance qui se manifeste de plus en plus dans la société, a penétré jusque dans la famille. Les tendances de la jeunesse à devancer l’époque de son émancipation devaient naturellement amener ce triste résultat, dont les fatales conséquences ne nous out été que trop souvent révelées pendant l’exercice de nos fonctions de magistrat. Nous avons donc considéré comme un devoir de conscience de remédier à un tel état de choses, en cherchant les moyens de ramener dans la voie du bien les enfants que l’inexpérience de l’âge ou la précocité des inclinaisons mauvaises conduisaient à s’en écarter. Tel est le but que nous avons cru pouvoir atteindre en fondant une nouvelle institution, véritable collége de répression, comme l’a si bien definie Monseigneur l’Evêque d’Orléans, où des jeunes gens sont placés sous une discipline sévère, pendant le temps nécessaire pour réprimer chez eux l’esprit d’insubordination et les fâcheux penchants qu’ils out manifestés. N’ayant entre eux aucun rapport, ils n’ont point à subir l’influence d’un contact trop souvent pernicieux. (Le système de la séparation est si rigoureusement observé que les élèves ne sauraient s’apercevoir, même à la chapelle.) Leur instruction se poursuit donc dans les conditions les plus favorables, les études ne sont pas interrompues; les élèves peuvent même continuer à composer, comme par le passé, avec leurs condisciples au moyen des devoirs que nous sont communiqués par leurs anciens professeurs. De cette manière, l’émulation ne se ralentit pas, et, accompli en dehors de toute distraction, le travail est des plus profitables. On enseigne aussi les sciences, les langues étrangères, et les arts d’agrément. Avant la fondation de notre maison, le seul parti extrême auquel les chefs d’institution pussent recourir, était l’expulsion du collége; cette mesure compromettait l’avenir de l’enfant sans le guères de ses mauvais penchants. D’ailleurs la crainte de l’expulsion était inefficace à ramener dans le désir certaines élèves insubordonnés qui faisaient tous leurs efforts pour provoquer un renvoi. L’approche des vacances multiplie les demandes d’admission de la part des familles. Qui ne comprend le danger qu’il y aurait a récompenser un enfant, qui, pendant toute l’année, n’a mérité que des reproches? et cependant les parents se résigneraient difficilement à transformer leur maison en un lieu de répression, au moment où tout est joie et fête dans la famille, surtout lorsqu’il s’y trouve d’autres enfants dont on n’a qu’à se louer.... Les heureux résultats obtenues depuis plus de dix ans nous ont déterminé à signaler aux parents les incontestables services que notre fondation est appelée à leur rendre. Nous ne saurions trop recommander aux familles d’apporter la plus grande sollicitude à combattre de bonne heure chez l’enfant toute la tendance à l’indiscipline et à la paresse, dont les conséquences sont beaucoup plus graves qu’on ne serait porté à le croire. On commence par être mauvais élève, on finit par devenir mauvais sujet.”