Note 75 — Chapter I
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“En y entrant par son embouchure, que se décharge au Sault, le premier endroit que se présente où se retrouve du cuivre en abondance, est une Isle que est éloignée de quarante on cinquante lieuës, scituée vers le côté du Nord, vis a vis d’un endroit qu’on appelle Missipicoüatong. Les sauvages racontent que c’est une Isle flottante, que est quelquefois loing, quelquefois proche, selon les vents qui la poussent, et la promenent de côté et d’autre. Ils ajoûtent qu’il y a bien longtemps que quatre sauvages y furent par rencontre, s’etans égarez dans la brume, dont cette Isle est presque toujours environnée. C’étoit du temps qu’ils n’avoient point encore eu de commerce avec les François, et n’avoient aucun usage ny des chaudieres ny des haches. Ceux-cy donc voulans se preparer à manger, firent à leur ordinaire: prenant des pierres qu’ils trouvoient au bord de l’eau, les faisaient rougir dans le feu et les jettaient dans un plat d’ecorce plein d’eau pour la faire boüillir et faire cuire par cette industrie leur viande. Comme ils choisissoient ces pierres, ils trouvoient, que c’étoient presque tous morceaux de cuivre; ils se servirent donc des unes et des autres, et aprés avoir pris leur repas, ils songerent à s’embarquer au plustost, craignant les Loups Cerviers et les Lievres, qui sont en cét endroit grands comme des Chiens, et qui venoient manger leurs provisions et même leur Canot. Avant que de partir, ils se chargerent de quantité de ces pierres grosses et menuës, et même de quelques plaques de cuivre; mais ils ne furent pas bien éloignez du rivage, qu’une puissante voix se fit entendre à leurs oreilles, disant tout en colere: Qui sont ces voleurs qui m’emportent les berceaux et les divertissemens de mes enfans? Les plaques de cuivre sont les berceaux, parce que parmy les sauvages ils ne sont faits que d’un ou deux aix joints ensemble, sur lesquels ils couchent leurs enfans; et ces petits morçeaux de cuivre qu’ils enlevoient, sont les jouets et les divertissemens des enfans sauvages, qui joüent ensemble avec des petites pierres.” The voice which the savages heard was believed to be that of a spirit called Missibizi, a certain water-god. “Quoy qu’il en soit, cette voix étonnante jetta tellement la frayeur dans l’esprit de nos Voyageurs, qu’un des quatre mourut avant que d’arriver à terre; peu de temps aprés un second fut enlevé, puis le troisièma; de sorte qu’il n’en resta qu’un, lequel s’étant rendu en son Pays, raconta tout ce qui s’étoit passé, pues mourut fort peu apriés.” The Father adds that the savages never afterward could be induced to approach the island for fear of being seized by the Genii presiding over its treasures.—Relations des Jesuités l’année 1670, p. 84, tome iii. Quebec reprint, 1858.