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The Conquest of Canada, Vol. 1

Note 312 — Chapter IX

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"Il faut envisager surtout l'influence qu'à exercée le Nouveau Continent sur les destinées du genre humain sous le rapport des institutions sociales. La tourmente religieuse du seizième siècle, en favorisant l'essor d'une libre reflexion, a préludé à la tourmente politique des temps dans lesquels nous vivons. Le premier de ces mouvemens a coincidé avec l'époque de l'établissement des colonies Européennes en Amérique; le second s'est fait sentir vers la fin du dix-huitième siècle, et a fini par briser les liens de dépendance qui unissaient les deux mondes. Une circonstance sur laquelle on n'a peut-être pas assez fixé l'attention publique et qui tient à ces causes mystérieuses dont a dépendu la distribution inégale du genre humain sur le globe, a favorisée, on pourrait dire, à rendre possible l'influence politique que je viens de signaler. Une moitié du globe est restée si faiblement peuple que, malgré le long travail d'une civilisation indigène, qui a eu lieu entre les découvertes de Lief et de Colomb, sur les côtes Américaines opposées à l'Asie, d'immenses pays dans la partie orientale n'offroient au quinzième siècle que des tribus éparses de peuples chasseurs. Cet état de depopulation dans des pays fertiles et éminemment aptes à la culture de nos céreales, a permis aux Européens d'y fonder des établissemens sur une échelle qu'aucune colonisation de l'Asie et de l'Afrique n'a pu atteindre. Les peuples chasseurs ont été refoulés des côtes orientales vers l'interieur, et dans le nord de l'Amérique, sous des climats et des aspects de végétation très analogues à ceux des îles Britanniques, il s'est forme par émigration, des la fin de l'année 1620, des communautés dont les institutions se présentent comme le reflet des institutions libres de la mère patrie. La Nouvelle Angleterre n'étoit pas primitivement un établissement d'industrie et de commerce, comme le sont encore les factoreries de l'Afrique; ce n'étoit pas une domination sur les peuples agricoles d'une race différente, comme l'empire Britannique dans l'Inde, et pendant longtemps, l'empire Espagnole au Mexique et au Pérou. La Nouvelle Angleterre, qui a reçu une première colonisation de quatre mille familles de puritains, dont descend aujourd'hui un tiers de la population blanche des Etats Unis, étoit un établissement religieux. La liberté civile s'y montrait des l'origine inséparable de la liberté du culte. Or l'histoire nous revèle que les institutions libres de l'Angleterre, de la Hollande, et de la Suisse, malgré leur proximité, n'ont pas réagi sur les peuples de l'Europe latine, comme ce reflet de formes de gouvernemens entièrement democratiques qui, loin de tout ennemi extérieur, favorisés par une tendance uniforme et constante de souvenirs et de vielles mœurs, ont pris dans un calme longtemps prolongé, des développemens inconnus aux temps modernes. C'est ainsi que le manque de population dans des régions des Nouveau Continent opposées à l'Europe, et le libre et prodigieux accroissement d'une colonisation Anglaise audelà de la grande vallée de l'Atlantique, a puissamment contribué à changer la face politique et les destinées de l'ancien continent. On a affirmé que si Colomb n'avoit pas changé, selon les conseils d'Alonzo Pinzon,[313] le 7 Octobre, 1492, la direction de sa route, qui étoit de l'est à l'ouest, et gouverné vers le sud-ouest, il seroit entre dans le courant d'eau chaude ou Gulf Stream, et auroit été porté vers la Floride, et de là peut-être vers le cap Hatteras et la Virginie, incident d'une immense importance, puisqu'il auroit pu donner aux Etats Unis, en lieu d'une population Protestante Anglaise, une population Catholique Espagnole."—Humboldt's Géog. du Nouveau Continent, tom. iii., p. 163.

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