Note 162 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.
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L'assemblée générale du clergé s'ouvrit le 25 mai de cette année: elle apportoit avec elle les plaintes et les gémissements de toutes les églises de France; et résolue de remplir le grand devoir qui lui étoit imposé, elle demande à s'aller jeter en corps aux pieds du roi. On craignit pour Louis XV l'impression d'un semblable spectacle: elle essuya un refus, ne put faire admettre que ses députés, et reconnut, dès lors, que les dispositions de la cour lui étoient peu favorables. Elle n'en dressa pas moins ses remontrances, dans lesquelles étoient énergiquement retracées toutes ces usurpations si criantes du parlement contre la juridiction ecclésiastique, usurpations qui sembloient ne devoir avoir d'autre terme que l'entière destruction de l'Église de France: on y demandoit le rétablissement de cette autorité spirituelle qui est la première condition de son existence, justice de tant d'arrêts iniques rendus contre ses membres par les tribunaux séculiers, une interprétation claire et nette des déclarations rendues relativement à la bulle et à la juridiction des évêques; et qu'enfin les cours de justice fussent renfermées dans les justes bornes de leurs attributions. En finissant, les prélats assemblés jetoient un cri d'effroi sur les progrès toujours croissant de l'irréligion, qui maintenant marchoit le front levé, nioit hautement, non pas seulement la religion et ses dogmes, mais les futures destinées de l'homme, l'existence même de Dieu, ébranloit ainsi l'ordre social jusque dans ses fondements, et répandant de toutes parts le torrent de ses livres abominables, dont quelques uns même circuloient sous le sceau protecteur de l'autorité publique, infectoit déjà de ses poisons jusqu'aux classes populaires. Cependant tous ne se soutinrent pas à la hauteur courageuse de ce début: il y eut des signes de foiblesse ou de séduction dans cette même assemblée, et des indices frappants de cette décadence vers laquelle étoit entraînée l'Église de France par les maximes anti-catholiques que l'on avoit jetées dans son sein, et par cette situation précaire et sans dignité où, depuis si long-temps, l'avoit réduite la folle arrogance du pouvoir temporel. Lorsqu'il fut question d'établir les droits de la puissance ecclésiastique, et spécialement dans les deux questions de la bulle Unigenitus, considérée comme jugement dogmatique et irréformable de l'Église universelle, et de l'administration ou du refus des sacrements, les membres de l'assemblée se divisèrent: plusieurs, et ce fut malheureusement le plus grand nombre, rejetèrent les explications claires et positives que présentoient leurs confrères sur ces points si importants, et dont la circonstance périlleuse où l'on se trouvoit accroissoit encore l'importance; s'exprimèrent d'une manière foible, équivoque, qui remettoit en question tout ce que l'on vouloit décider, et furent accusés d'avoir trahi les devoirs de leur ministère pour se rendre agréables à la cour, avec laquelle on les soupçonnoit de s'être auparavant concertés[162]. Cependant la fermeté des autres évêques en imposa à cette majorité pusillanime; et ils obtinrent d'elle que sur ce qui avoit été statué de part et d'autre on s'en rapporteroit à la décision du pape. Le parlement, avec lequel il faut toujours marcher de surprise en surprise, même après tout ce que l'on a vu de son audace et de son insolence, se montra mécontent de cette témérité qu'avoient eue les évêques d'écrire au souverain pontife, prétendit que de pareilles communications entre l'Église de France et le chef de l'Église universelle «étoient de nature à troubler la tranquillité de l'État,» et adressa à ce sujet des remontrances. Louis XV, qui n'avoit fait que des réponses évasives aux représentations de l'assemblée du clergé, trouva néanmoins que cette compagnie alloit trop loin de vouloir empêcher des évêques d'écrire au pape; et, sans avoir égard à ses remontrances, fit partir lui-même la lettre. Ainsi cette grande question se trouva définitivement soumise au jugement doctrinal du Saint-Siége.