Note 159 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.
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Il devint clair alors que «l'arrêt de silence» étoit plus pitoyable encore qu'on n'avoit pensé, que ce n'étoit pas autre chose qu'un voile honteux dont on avoit essayé de couvrir une pleine et entière concession aux prétentions du parlement; car s'en étant pris de nouveau à l'archevêque de Paris, et de la fuite des prêtres qui se cachoient pour éviter la persécution, et des ordres qu'il leur donnoit en contravention à leurs arrêts, et n'en ayant point obtenu d'autre réponse que celle que ce vigoureux prélat étoit accoutumé de leur faire, les magistrats eurent assez de crédit pour obtenir du roi l'exil de leur premier pasteur, d'abord à Conflans et ensuite à Lagny. C'en fut assez: après avoir consenti à exiler un évêque sur la demande d'un parlement janséniste, ce fut vainement que le monarque se déconsidéra jusqu'à avouer qu'il ne l'avoit fait qu'à contre-cœur; qu'il se plaignit de ce que, malgré tant de marques de condescendance qu'il lui avoit données, son parlement «s'écartoit de l'esprit de modération, de paix et de prudence qu'il lui avoit recommandé.» À ces remontrances, «tout-à-fait paternelles,» les gens de robe ne répondirent qu'en dénonçant l'évêque d'Orléans, qu'il fallut bien exiler à son tour. L'évêque de Troyes parut ensuite sur les bancs des accusés, fut condamné à une amende, vit ses meubles confisqués, son temporel saisi; et il fallut l'intervention du roi pour l'arracher aux poursuites et aux insultes des tribunaux subalternes. Ceux des parlements de province qui faisoient partie de la cabale, à ce signal donné, se ruèrent en quelque sorte sur leurs premiers pasteurs. L'archevêque d'Aix fut exilé par le parlement de Provence; ce même parlement osa citer devant lui l'évêque de Marseille, l'héroïque Belzunce, et le flétrir d'une condamnation[159]. Les évêques de Saint-Pons et de Montpellier furent poursuivis par le parlement de Toulouse; le parlement de Rennes traita plus rigoureusement encore ceux de Vannes et de Nantes[160]. Par ces outrages et ces violences exercées à l'égard des chefs, on peut juger de ce qu'avoient à souffrir les ministres inférieurs. Ils continuoient d'être accablés de dénonciations et de décrets; on les traînoit devant les tribunaux, où ils étoient interrogés avec la dernière insolence; et les condamnations rendues contre eux alloient souvent jusqu'à la confiscation des biens et au bannissement perpétuel. Il ne manquoit plus que de les envoyer à l'échafaud parce qu'ils ne vouloient pas sacrifier aux doctrines de Jansénius, comme les magistrats romains condamnoient aux bêtes les premiers chrétiens qui refusoient de sacrifier aux idoles.