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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 8/8)

Note 135 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.

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On s'y étoit pris adroitement: d'abord quelques personnes, des plus simples dans le troupeau que dirigeoient les sectaires, avoient été invitées à aller faire quelques prières sur le tombeau de l'homme de Dieu; on faisoit, en même temps, répandre sourdement le bruit de prodiges et de guérisons miraculeuses qui s'opéroient sur ce tombeau; et des témoins se présentoient pour les affirmer. On y fit ensuite des neuvaines qui attirèrent un certain concours de fidèles; et il ne fut pas difficile à des gens qui avoient su se procurer des appelants à prix d'argent, de rassembler, par les mêmes moyens, des jongleurs assez adroits pour fasciner les yeux de la multitude, et donner à ces farces criminelles quelque apparence de réalité. La chose devint assez sérieuse pour que l'archevêque de Paris crût devoir faire une information juridique: elle eut le résultat qu'on en devoit attendre, et il fut prouvé que les prétendus miracles n'étoient que de grossières impostures. Convaincus de mensonge, les sectaires n'en mentirent que plus effrontément; et cette audace eut son succès. L'Église nioit leurs miracles; ils les multiplièrent; et bientôt tout Paris accourut au cimetière Saint-Médard pour y voir les merveilles qu'on en publioit. «Les voitures publiques ne suffisoient pas pour y transporter la multitude de ceux que la curiosité y attiroit; et les avenues étoient si remplies de monde, que, durant plusieurs heures du jour, on ne pouvoit fendre la presse. Autour du tombeau, les places se louoient à prix d'argent; on y trouvoit constamment une foule de prétendus malades, tous gens apostés et secourus dans leur mendicité pour y affecter les plus violentes convulsions; quelques personnes séduites qui, dans leur simplicité, adressoient leurs vœux au sieur Pâris pour obtenir leur guérison; cinq ou six prêtres qui se relevoient successivement, et qui, alternativement avec des personnes de l'un et de l'autre sexe, récitoient des psaumes à haute voix. Jusque dans les charniers, il se passoit des spectacles dignes de compassion. On y voyoit des personnes gagées qui, au moyen de courroies qu'on leur attachoit sous les bras, sembloient dans l'obscurité s'élever au dessus de leurs forces, et être enlevées par une vertu surnaturelle. Par là l'église Saint-Médard se trouvoit travestie en une espèce de théâtre, où la religion étoit indignement jouée, et où la vérité des miracles étoit tournée en dérision[135].»

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