Note 133 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.
Reading edition
Indignés de semblables excès, et surtout de cette usurpation en matière de foi faite par un tribunal séculier sur son propre pasteur, tous les évêques de France, à l'exception du petit nombre des appelants, se préparèrent à publier leurs mandements: qui le croiroit? Cette disposition effraya la cour, et le parti fut pris d'en arrêter les effets; un arrêt parut dans lequel le roi, après avoir longuement assuré les évêques qu'il maintiendroit à l'Église «l'autorité qu'elle tenoit de Dieu seul,» finissoit par imposer un silence absolu et général sur cet article, jusqu'à ce qu'il eût pris, pour terminer entièrement cette discussion, une résolution définitive. Les évêques furent étonnés et affligés: ils représentèrent que le silence ne pouvoit leur être imposé; ils demandèrent que cette expression si vague de l'autorité de l'Église, que les Quesnélistes eux-mêmes admettoient dans un sens anarchique, fût restreinte au seul corps épiscopal; que l'arrêt du roi rétablît le mot de juridiction, qui appartenoit si évidemment à leurs hautes fonctions et qu'on sembloit avoir affecté de n'y point insérer; enfin que justice fût rendue à l'archevêque de Paris de l'entreprise inouïe du parlement[133]. La cour trouva que c'étoit beaucoup trop exiger: l'arrêt fut maintenu; et l'on jugea que les évêques pouvoient se contenter d'une lettre circulaire que le roi leur adressa, et dans laquelle il vouloit bien reconnoître leur droit de juridiction. Quant au fond de leurs demandes, il fut résolu qu'il seroit établi une commission pour en connoître et y faire droit: elle se composa de huit commissaires, que présidoit le cardinal de Fleuri, s'assembla plusieurs fois à Fontainebleau où étoit alors la cour, et se sépara «sans avoir publié aucun fruit de ses travaux.»