Note 97 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.
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Lorsque ces nouvelles parvinrent à Rome, Clément XI en ressentit une vive douleur, et jamais l'embarras de sa situation vis-à-vis de l'Église de France n'avoit été plus grand. Partout ailleurs, l'hérésie et la rébellion auroient été, à l'instant même, comprimées et punies par des actes décisifs de son autorité suprême, que le pouvoir temporel auroit accueillis avec respect, à l'égard desquels il eût exigé une prompte et entière obéissance. En France les obstacles se présentoient de toutes parts: formeroit-il une commission pour instruire le procès des évêques opposants? Mais c'étoit une prérogative de l'Église gallicane, que les évêques n'y pouvoient être jugés en première instance que par les métropolitains assistés de leurs suffragants, et ce n'étoit que par voie d'appel que le pape avoit le droit de connoître de la cause d'un évêque accusé. Assembleroit-il un concile national? c'eût été soulever à l'instant même mille questions odieuses sur l'autorité pontificale: il n'y falloit pas penser. La convocation d'un concile général, qui lui fut proposée par ses conseillers, fut encore rejetée, parce qu'il y vit de même de graves inconvénients[97]. Sévir contre la Sorbonne, contre une simple faculté de théologie, il ne le pouvoit même pas sans imprudence, et sans s'exposer à voir son autorité compromise; car l'appel comme d'abus au parlement en eût été la conséquence; et, devant le tribunal séculier, la Sorbonne l'auroit très probablement emporté sur le souverain pontife. Au milieu de ces incertitudes, qui n'étoient que trop fondées, Clément XI s'arrêta du moins à la résolution de refuser des bulles à tout sujet qu'on lui présenteroit pour de nouveaux évêchés, et qui n'auroit pas accepté formellement la constitution[98]. Enfin, dans une congrégation générale qu'il assembla, et au milieu de laquelle il déplora les malheurs de l'Église avec cette éloquence noble et touchante qui éclatoit jusque dans ses moindres paroles, ce saint pape fit comprendre en peu de mots, et avec une admirable sagacité, quelles pouvoient être pour la religion en France les conséquences de l'opposition qui venoit d'y éclater: «Ce que je vous prie d'observer, dit-il au sacré collége assemblé, c'est que les évêques opposants n'attaquent ma bulle Unigenitus, qu'afin de saper en même temps et de faire tomber du même coup toutes celles où ce saint siége a foudroyé leurs erreurs. Comme il n'en est aucune au sujet de laquelle les formalités les plus solennelles aient été observées plus exactement qu'à l'égard de la dernière constitution, il n'en est point aussi qui mérite, avec plus de raison, d'avoir force de loi dans l'Église. Par conséquent, travailler à infirmer l'autorité de celle-ci, c'est vouloir anéantir toutes les précédentes. Bientôt on verroit la bulle d'Innocent X et d'Alexandre VII contre les cinq fameuses propositions de Jansénius, celle d'Innocent XII contre le livre des Maximes des Saints, celle de Pie V et de Grégoire XIII contre Baïus, la nôtre même contre le fameux Cas de conscience, rejetées avec hauteur. Ce n'est plus un mystère dans le parti. Depuis quelque temps il s'en explique si clairement, qu'il n'est plus permis d'en douter. Ainsi, autant qu'il importe au sacré dépôt de la foi que des erreurs capitales ne jettent pas de nouvelles racines, ou qu'elles ne prennent pas de nouvelles forces, autant est-il nécessaire que nous maintenions, dans toute sa vigueur, une bulle qui, en achevant de les démasquer, achève aussi de les confondre[99].»