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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 8/8)

Note 88 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.

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Cependant une flotte angloise avoit paru sur les côtes de la Provence; elle y protégeoit les mouvements des Autrichiens qui continuoient à désoler cette province; l'armée françoise, dont la désorganisation étoit complète, ne pouvoit mettre aucun obstacle à leurs progrès, et Toulon étoit menacé. Telle étoit en France la disette des généraux, qu'on ne trouva rien de mieux à faire que d'y envoyer le maréchal de Belle-Isle, qui, long-temps prisonnier en Angleterre[88], reparut ainsi vers la fin de cette guerre qu'il avoit si malheureusement commencée. Il montra cette fois plus d'activité et d'intelligence: il sut rétablir la discipline et ranimer le courage des soldats; des renforts arrivés à propos le mirent à même de se hasarder contre l'ennemi; il eut des succès, fit lever le siége d'Antibes, reprit l'offensive, et passant le Var, envahit le comté de Nice. Il avoit promis de rentrer en Italie, et voulut tenir sa promesse; mais cherchant à faire mieux que le prince de Conti, et que le maréchal de Maillebois, il imagina d'y pénétrer par le col de Fenestrelles et d'Exiles, route plus courte à la vérité, mais aussi plus difficile, comptant très mal à propos, parmi les chances de succès de son entreprise, que le roi de Sardaigne se laisseroit surprendre. Il en fut autrement; et cette manœuvre mal conçue, à laquelle il auroit fallu renoncer à l'aspect de l'ennemi bien retranché et sur ses gardes, devint funeste par l'obstination extravagante que mit son frère, le chevalier de Belle-Isle, à vouloir forcer un passage que Charles-Emmanuel avoit su rendre inexpugnable. Il paya sa témérité de sa vie, et le combat meurtrier d'Exiles rendit désormais toute opération militaire impossible en Italie.

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