← Table of contents
Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 8/8)

Note 83 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.

Reading edition

Dans ces extrémités, la France se trouva heureuse d'avoir donné asile à un illustre étranger, et que cet étranger la payât d'affection et de reconnoissance. Parmi les généraux qui avoient figuré dans cette guerre, le comte Maurice de Saxe, auquel on avoit confié un commandement, étoit le seul qui eût montré de la prévoyance, et l'heureuse réunion de la hardiesse et de la science militaire. Il jetoit déjà un grand éclat, et tous les regards se tournoient vers lui. Pour prix de ses beaux faits d'armes, le roi venoit de l'élever à la dignité de maréchal de France: cette nouvelle position l'enhardit à présenter des plans qui parurent bien conçus; ils furent adoptés, et l'on reprit courage. Des négociations furent entamées avec le roi de Prusse, qui commençoit à s'alarmer des progrès de la reine de Hongrie; et, de même que son intérêt lui avoit fait abandonner l'alliance de la France, son intérêt l'y rejeta. Par un effet de cette politique pusillanime du cardinal de Fleuri, qui ne lui avoit pas permis de faire un seul mouvement dont les Anglois pussent concevoir de l'ombrage, les Espagnols s'étoient trouvés abandonnés en Italie à leurs propres forces; et tandis que le roi de Sardaigne pénétroit sans obstacle jusqu'aux frontières du royaume de Naples, et qu'une escadre angloise menaçoit d'en bombarder la capitale, tout ce qu'avoit osé faire le vieux ministre, c'étoit d'avoir accordé le libre passage à une armée espagnole, qui, sous les ordres d'un infant, étoit venue envahir la Savoie. Il fut maintenant décidé qu'une armée françoise seroit envoyée en Italie, et le commandement en fut confié au prince de Conti. Des préparatifs très considérables se firent en même temps, et avec une sorte d'affectation, comme si l'on eût eu l'intention d'opérer une descente en Angleterre et d'y ramener le prétendant[83]. Toutefois ils n'avoient rien de réel, et ne servoient qu'à cacher aux alliés le véritable plan que l'on vouloit mettre à exécution. Ce plan étoit d'envahir les Pays-Bas autrichiens; c'étoit là que devoient se porter les grands coups.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings