← Table of contents
Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 8/8)

Note 79 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.

Reading edition

Il ne s'étoit pas donné une seule grande bataille, et cent mille François avoient péri dans deux campagnes; les finances, si péniblement restaurées par les soins assidus d'une longue économie, étoient épuisées et retombées dans leur premier désordre; il ne restoit plus que des débris de nos armées. Réduite sur terre à se tenir sur la défensive contre les Anglois, la France n'avoit contre eux sur mer aucun moyen de résistance; et ces ennemis arrogants pouvoient impunément achever de détruire son commerce, insulter ses colonies et celles de l'Espagne, et faire également la loi sur l'Océan et dans la Méditerranée. «Le cardinal de Fleuri, dit Voltaire, mourut au milieu de ces désastres[79], et laissa les affaires de la guerre, de la marine, des finances, de la politique, dans une crise qui altéra la gloire de son ministère et non la tranquillité de son âme.» Il faut croire, pour l'honneur de son caractère, qu'il ne mourut si tranquille que parce que l'affoiblissement de ses facultés intellectuelles ne lui permettoit pas de mesurer, dans toute son étendue, le mal qu'il avoit fait et celui qu'il avoit laissé faire. Il nous reste à examiner ce qu'avoit été pour les affaires intérieures de la France ce ministère, que Voltaire appelle glorieux. Il y avoit là une guerre intestine bien plus alarmante que celle qui se passoit sur les frontières, et dont les conséquences devoient être bien autrement désastreuses. Toutefois il convient de ne point interrompre le récit commencé de celle-ci; nous verrons ensuite si, dans l'autre, le cardinal de Fleuri se montra plus habile et plus heureux.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings