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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 8/8)

Note 72 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.

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(1741-1743) La France n'y parut d'abord que comme alliée de l'électeur de Bavière, qui, dès qu'il se vit soutenu par un si puissant auxiliaire, déclara hautement ses prétentions à la couronne impériale, en concurrence avec le grand duc de Toscane, mari de la reine de Hongrie. Le maréchal de Belle-Isle, jouant à la fois le rôle de négociateur et de guerrier (car le commandement suprême des armées françoises avoit été donné à cet homme qui n'avoit encore fait la guerre autrement qu'en sous ordre), commença à parcourir l'Allemagne, allant de Francfort à Dresde, de Dresde au camp du roi de Prusse, pour assurer par des traités le succès des projets ambitieux du prince bavarois, tandis que celui-ci, soutenu d'un corps considérable de soldats françois, entroit, sans trouver de résistance, dans les États de Marie-Thérèse, qui, même après avoir réuni toutes ses forces pour les opposer au roi de Prusse, se défendoit à peine contre ce redoutable ennemi. De tels succès devoient être rapides, et en effet, des provinces entières furent envahies par de simples marches; Lintz, Passaw, ouvrirent leurs portes, et l'on arriva bientôt sous les murs de Vienne, où l'on pouvoit entrer avec la même facilité. Mais déjà la division régnoit parmi les alliés, et, par ce seul fait, la folie de cette guerre étoit démontrée. La France, qui ne s'attendoit pas à des succès si prompts et si extraordinaires, craignit de rendre l'électeur de Bavière trop puissant en lui livrant ainsi tous les États autrichiens, et celui-ci avoit hâte lui-même de quitter l'Autriche, pour aller en Bohême empêcher l'électeur de Saxe de prendre à lui seul cette province, que probablement il auroit voulu s'approprier. On quitta donc un pays ouvert pour s'engager dans une des parties les plus difficiles de l'Allemagne; les conseils du comte Maurice de Saxe, qui, dans cette expédition, commandoit les troupes françoises, ne furent point écoutés; de fausses manœuvres, dont rien ne put détourner l'électeur, mirent l'armée dans une position qui pouvoit devenir périlleuse, qui le devint en effet lorsqu'elle eut fait sa jonction, sous les murs de Prague, avec l'armée saxonne[72]. Pour la sauver, il falloit se rendre maître de la capitale de la Bohême: cette ville, qui sembloit devoir soutenir un long siége, fut prise en peu de jours; et ce succès inespéré, dû au génie du comte de Saxe, secondé par celui de Chevert, devint le salut de l'armée confédérée.

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