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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 8/8)

Note 61 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.

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La France, dans cette guerre, n'avoit à peu près rien gagné; l'Autriche avoit beaucoup perdu, et l'avenir étoit de nature à lui causer de sérieuses alarmes. À la vérité, la Russie se disposoit à envoyer une armée nombreuse à son secours; mais de tels alliés, au sein de ses États, l'auroient inquiétée presque autant que des ennemis. Toutefois il n'y avoit rien dans sa position d'assez désespéré pour déterminer Charles VI à faire les concessions que lui coûta cette paix: le vif désir qu'il avoit de faire reconnoître et garantir par toutes les puissances de l'Europe la Pragmatique par laquelle il régloit sa succession, espèce d'idée fixe dont il étoit presque uniquement possédé, l'emporta sur toute autre considération[61]. Pour obtenir cette garantie illusoire, ce foible prince abandonna le royaume de Naples à l'Espagne, et la Lorraine à la France, qui fut étonnée de l'obtenir, car elle n'avoit pas même d'abord songé à la demander[62]. C'est ainsi que lui fut acquise, et sans retour, par une suite de fautes politiques et militaires, une province que Louis XIV, dans le plus haut degré de sa puissance et de ses victoires, n'avoit pu réussir à joindre à ses États. Le duc de Lorraine reçut en échange le duché de Toscane, et épousa la fille de l'empereur, cette Marie-Thérèse que nous allons bientôt voir jouer le premier rôle sur ce grand théâtre de l'Europe. Ni dans cette guerre ni dans cette paix, on ne vit paroître les Anglois; il n'étoit pas encore temps pour eux de se mêler ouvertement aux troubles du continent: ils s'y préparoient.

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