Note 59 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.
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Ce n'étoit point un homme que l'on pût corrompre avec de l'argent; mais déjà le cabinet de Saint-James avoit trouvé son côté foible: c'étoit une bonne opinion de lui-même, si solidement établie, qu'il n'étoit point de flatterie sur son mérite qui ne trouvât son oreille prête à la recevoir, et à laquelle il ne se laissât prendre comme l'enfant le plus inexpérimenté. Horace Walpole étoit alors ambassadeur d'Angleterre en France: sachant à qui il avoit affaire, et bien endoctriné par son frère, le célèbre Robert Walpole, qui gouvernoit alors l'Angleterre, et qui avoit encore besoin de la paix pour achever d'y résoudre le problème du gouvernement représentatif par la corruption (qui est en effet son seul principe de vie, en tant qu'il peut vivre), le rusé diplomate joua donc auprès du nouveau ministre le rôle de flatteur; et jamais on ne fut plus malheureusement dupe que ce vieillard d'un plus grossier manége[59]. Affectant de le consulter sur tout, de déférer à ses conseils, d'être subjugués par la force de ses raisonnements, de le vénérer, de le chérir même, les deux frères, comme s'ils eussent voulu lui donner la plus haute marque de la confiance et du respect qu'ils avoient dans ses lumières, le firent médiateur entre l'Angleterre et l'Espagne, et ce fut pour lui la plus douce des jouissances de pouvoir procurer à cette puissance une paix dont l'Angleterre elle-même avoit le plus grand besoin. Le résultat de cette paix fut d'établir enfin, dans le duché de Parme, un infant d'Espagne, et de faire obtenir aux Anglois ce qu'ils désiroient depuis long-temps avec ardeur, une part active dans le commerce des colonies espagnoles[60]. Par l'effet de cette médiation, le pacte de famille se resserra, et, depuis, l'union fut inaltérable entre l'Espagne et la France.