Note 36 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.
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(1720-1721) Ainsi se termina la plus grande révolution qui jusqu'alors eût jamais été opérée dans les finances, révolution qui acquitta presque toutes les dettes de l'État, si c'est les acquitter que de ruiner une quantité presque innombrable de citoyens, en leur enlevant, par artifice ou par séduction, les gages ou cautionnements des avances qu'ils ont pu faire au souverain. Elle fit sortir de leur état une foule d'hommes obscurs, en même temps qu'elle plongea dans l'obscurité qui suit ordinairement la misère beaucoup de familles honnêtes; elle gorgea de richesses quelques spéculateurs habiles, qui, se méfiant de bonne heure d'une monnoie périssable, avoient su l'échanger à propos contre des valeurs plus solides[36]. De tels bouleversements dans les fortunes, en amenant le mélange de toutes les classes de la société, achevèrent de corrompre les mœurs, et ce fut là leur effet le plus funeste. Ce fut surtout dans les classes moyennes, jusque là préservées de la contagion, que le système porta le désordre, en y répandant un goût de luxe effréné, une soif ardente de richesses, qui détruisirent peu à peu tout sentiment d'honneur et de vertu. Les richesses tinrent lieu de tout et rapprochèrent toutes les distances; chacun aspira à sortir de son état, et l'on vit naître dans l'intérieur des familles, encore si régulièrement ordonnées dans le siècle précédent, des désordres jusqu'alors inconnus.