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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 8/8)

Note 4 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.

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Ce prince étoit né avec les plus heureuses dispositions, et, dans beaucoup de parties, son éducation avoit été extrêmement cultivée. Il avoit l'esprit net et pénétrant, et ce qu'il concevoit clairement et rapidement, il l'exprimoit avec grâce et facilité; il avoit montré à la guerre une bravoure et une capacité qui en auroient fait un grand général, s'il eût eu de plus fréquentes occasions de commander les armées; ses connoissances dans les sciences physiques, dans les lettres, dans les arts, étoient étendues et variées; il avoit un fond de bonté naturelle qui le faisoit aimer encore, même après qu'on avoit cessé de l'estimer; mais il arrivoit qu'il perdoit l'estime dès qu'on avoit commencé à le mieux connoître. Jamais il n'y eut une âme plus énervée, plus corrompue par tous les vices qui prennent leur source dans le plus dangereux de nos penchants, celui de la volupté. Un homme infâme, qui avoit été son précepteur, et que nous allons voir jouer un rôle si extraordinaire et si scandaleux, l'abbé Dubois, s'étoit fait un jeu et peut-être un calcul de développer ces dispositions, malheureusement trop précoces dans son élève; et il les avoit fortifiées en y ajoutant des leçons d'athéisme, dont il faisoit dès lors secrètement profession. Cette culture n'avoit que trop profité; et tels avoient été le débordement des mœurs et les jactances irréligieuses du jeune prince, au milieu de l'austérité des dernières années de l'ancienne cour, qu'ils avoient rendus vraisemblables ces horribles soupçons que le testament du roi venoit de rappeler, et qui s'élevèrent presque naturellement contre lui, lorsque tant de morts violentes et subites vinrent désoler la famille royale; et même que, dans l'esprit de plusieurs, ces soupçons ne furent jamais entièrement effacés[4]. Ces goûts voluptueux étoient devenus plus ardents encore avec l'âge, et son irréligion profonde et invétérée les rendoit exempts de trouble et de remords. Parce qu'il étoit né bon, ses vices ne l'avoient pas fait méchant, mais l'avoient jeté dans cette indifférence du bien et du mal, et dans ce mépris pour les hommes qui résulte de ce retour que fait sur lui-même un homme profondément corrompu et digne de toute espèce de mépris. Toute idée de devoir s'étoit effacée de cette âme à ce point dégradée; les affaires fatiguoient un prince qui éprouvoit sans cesse la fatigue des plaisirs, dont les plaisirs étoient néanmoins la principale affaire; et à peine maître de ce pouvoir qu'il avoit vivement défendu contre ceux qui vouloient le lui enlever, il cherchoit déjà à qui il en pourroit sûrement remettre les soins et les embarras.

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