Note 21 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.
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Cependant Albéroni, dont la main ferme et habile avoit rétabli l'ordre dans les finances d'Espagne, et rendu à ce royaume languissant et épuisé une partie de sa vigueur première, poursuivoit, dans sa politique extérieure, l'exécution de ses plans, avec toute l'activité de son esprit et toute l'ardeur de son imagination[21]. Il se faisoit des alliés jusque dans le Nord, où le romanesque Charles XII, avide de tous les genres de gloire, adopta comme une bonne fortune le projet de se mettre à la tête de l'armée qui devoit aller en Angleterre rétablir un roi exilé sur le trône de ses pères; les Turcs qu'ils avoient su gagner s'engageoient à déclarer la guerre à l'empereur et à l'occuper par une puissante diversion, tandis que l'armée espagnole opéreroit en Italie; enfin, une flotte considérable, chargée de troupes de débarquement, que l'on vit sortir, par une sorte d'enchantement, des ports d'un royaume dont on croyoit la marine anéantie, avoit envahi la Sardaigne et fait la conquête presque entière de la Sicile. Un armement plus formidable s'y préparoit encore; et l'Espagne reprenoit, dans toutes les cours, la considération que depuis long-temps elle avoit perdue. On ne peut nier que ce plan ne fût bien conçu et vigoureusement préparé: le succès en étoit immanquable, si la France se fût réunie à l'Espagne; il pouvoit encore réussir, si elle eût seulement consenti à garder la neutralité; mais la quadruple alliance et les engagements impolitiques qu'on y avoit fait prendre au duc d'Orléans, étoient un obstacle qui arrêtoit tout court le ministre espagnol. Il en avoit déjà surmonté de bien grands; il se mit dans la tête de vaincre encore celui-ci.