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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 8/8)

Note 182 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.

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Le roi de Prusse, au contraire, ne s'aveugloit point sur sa situation; et bien instruit des dispositions et de la prépondérance de la coterie qui manœuvroit contre lui à la cour de France, il avoit prudemment jugé que ce seroit agraver cette position périlleuse que de rester seul à la merci de hautes parties contractantes. Il connoissoit trop bien l'Autriche pour ne pas avoir deviné où elle en vouloit venir en négociant avec la France un traité d'alliance et de neutralité dans la guerre de cette puissance avec l'Angleterre, traité par lequel elle s'engageoit à garantir et à défendre en Europe tous les États du monarque françois, que personne n'attaquoit ni ne pouvoit attaquer; tandis qu'elle s'y faisoit garantir les siens, non sur les bases du traité d'Aix-la-Chapelle, mais selon l'ordre établi par la Pragmatique-sanction[182], clause qui le menaçoit directement dans la possession usurpée de la Silésie. Aussi cette convention n'étoit pas encore signée, qu'il avoit pris le seul parti qu'il lui fût possible de prendre, en signant le premier un traité d'alliance avec le roi d'Angleterre. Cependant des négociations actives, entamées avec tous les cabinets de l'Europe et conduites avec adresse pas l'abbé de Bernis, fortifioient le traité de Versailles de l'alliance de la Russie et de la Suède; la Bavière, le Palatinat et le Wirtemberg y avoient accédé; la diète de l'Empire refusa son assistance au roi de Prusse, et la Hollande confirma sa neutralité. Ainsi l'Europe presque entière s'ébranloit sur ses fondements pour faire rendre un petit coin de terre à l'Autriche, à cette Autriche contre laquelle, quelques années auparavant, cette même Europe s'étoit également armée dans le dessein de la dépouiller de tous ses États; et c'étoit la France qui provoquoit de nouveau cet ébranlement général, n'ayant rien à réclamer pour elle, ne prétendant à aucune conquête, n'ayant nulle appréhension d'être entamée dans la moindre partie de son territoire. Certes, c'étoit là de la démence; et cette démence semble encore plus caractérisée, lorsque l'on considère que cette confédération si formidable n'étoit formée que pour avoir raison d'un des plus petits royaumes de l'Europe. Les plus simples notions des intérêts grossiers dont se composoit alors la politique moderne y étoient renversées; et tout ceci semble à peine croyable. Ce qui va suivre est plus incroyable encore.

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