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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 8/8)

Note 180 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.

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D'Argenson, Machault et Bernis dirigeoient donc les affaires sous l'influence de Mme de Pompadour, qui elle-même dirigeoit Louis XV à son gré. Les Mémoires du temps leur accordent des talents et de la capacité, ce qui ne peut être considéré comme vrai que par rapport à ceux qui les remplacèrent. C'étoit entre ces divers personnages que la question de la guerre continentale étoit principalement débattue: le roi, que l'imprudent Frédéric n'avoit point épargné dans ses épigrammes, y étoit porté par le ressentiment qu'il en avoit gardé, par une sorte d'antipathie qu'au sein de ses désordres il éprouvoit pour un prince irréligieux jusqu'à l'impiété déclarée; et à ces motifs purement personnels se joignoit la pensée de former une alliance catholique qui pût balancer le parti protestant déjà prépondérant en Europe[180], pensée qui eût été sublime dans un autre temps, qui alors étoit presque ridicule. La marquise étoit entraînée par engouement et surtout par sa vanité à la fois satisfaite et blessée. Sur deux ministres influents, il y en avoit un qui vouloit la guerre de toutes ses forces, l'autre osoit à peine s'y opposer; le contrôleur général étoit de l'avis de la favorite. Autour du ministère se pressoient ceux qui espéroient jouer un rôle sur ce nouveau théâtre, le comte d'Estrées, le prince de Soubise, le duc de Richelieu et plusieurs autres. L'abbé de Bernis, que le roi aimoit, que la marquise protégeoit, qui se voyoit sur le point d'entrer au conseil, n'eut donc pas le généreux courage de combattre un projet de guerre qu'intérieurement il désapprouvoit, et donna la mesure de son caractère et de sa probité politique, en se chargeant de négocier avec l'ambassadeur d'Autriche le traité qui devoit la faire éclater.

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