Note 176 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.
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Comme il ne s'agissoit point, dans une semblable résolution, du juste ou de l'injuste, mais tout simplement d'un intérêt que ce cabinet machiavélique considéroit comme le premier intérêt de sa nation, tous les moyens semblèrent bons pour en assurer le succès. Si l'on en croit les récits les plus dignes de foi, les Anglois commencèrent les hostilités par un assassinat sur les limites du Canada[176], se plaignirent hautement des justes représailles qui, dans cette occasion, furent exercées contre eux, comme d'une disposition menaçante à l'égard de leurs possessions dans le nord de l'Amérique; et, afin de rendre incontestable le droit qu'il avoit de faire la guerre à la France, prirent des mesures à peu près immanquables pour l'empêcher de pouvoir la soutenir, en faisant sortir traîtreusement de leurs ports toutes leurs flottes, lui enlevant en pleine paix trois cents navires marchands, et ce qui étoit pour eux une capture bien autrement précieuse, dix mille matelots qui en formoient les équipages; écrasant ainsi à la fois son commerce et sa marine, avant qu'elle eût même songé à se mettre en défense. C'étoit encore là un de ces traits de politique romaine dont il y avoit peu d'exemples parmi les peuples de la chrétienté, même dans leurs siècles les plus barbares. Tandis que ce projet se préparoit et s'exécutoit, le cabinet de Versailles, constant dans ces traditions de complaisance et de déférence[177] pour les Anglois, qui avoient été créées sous la régence, laissoit dans l'Inde Dupleix sans secours, de crainte de leur causer de l'ombrage, et lui faisoit perdre ainsi, à leur profit, tout le fruit de ses victoires et de ses négociations; puis, sur l'affaire du Canada, il se berçoit niaisement des vaines paroles dont ces astucieux diplomates, en attendant que leur brigandage eût eu son plein et entier effet, amusoient la crédulité de l'ambassadeur le plus malhabile que ce cabinet malavisé leur eût jamais envoyé[178].