Note 20 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.
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Le régent ne s'arrêta pas là: il voulut prévenir jusqu'aux murmures; et trois conseillers qu'on lui signala comme moins dociles que les autres, furent enlevés dans leurs maisons, et conduits dans des prisons d'État. Les mêmes violences furent exercées à l'égard de plusieurs autres parlements, ce qui fit fermenter à la fois Paris et les provinces. Enfin, comme s'il se fût fait un jeu d'abattre tout ce qu'il avoit d'abord élevé, ce prince, de plus en plus fatigué des conseils d'administration et de cette opposition si foible qu'il y rencontroit encore quelquefois, trouva plus expédient de les supprimer tout à fait, pour y substituer une administration par département, à la tête de laquelle il mit des secrétaires d'État qui étoient plus dans sa dépendance. Les grandes familles et les cours souveraines, dont les chefs ou les principaux membres formoient, en grande partie, ces conseils, et qui se considéroient ainsi comme ayant quelque part au gouvernement de l'État, en conçurent un vif ressentiment. Ainsi le pouvoir avoit repris toutes ces formes tranchantes et despotiques qui déplaisoient à la nation; et les ennemis du régent devinrent bientôt plus nombreux que ses partisans. Cette mauvaise disposition s'accroissoit encore du mécontentement que causoit généralement l'alliance impolitique, et de jour en jour plus intime, qu'il avoit contractée avec les Anglois, et de la dépréciation de jour en jour plus grande des billets d'État, auxquels le succès de la banque de Law avoit porté le dernier coup, dépréciation dont le fisc s'enrichissoit aux dépens de ceux qui en étoient porteurs[20].