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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 8/8)

Note 1 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.

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(1715) Louis XIV ne s'étoit point trompé lorsqu'il avoit pensé que son testament, arraché aux importunités du duc du Maine et de Mme de Maintenon, auroit probablement la même destinée que tant d'autres dernières volontés des rois, desquelles, après leur mort, on a coutume de faire moins de cas que de celles des derniers de leurs sujets[1]. Ce testament, injurieux pour le duc d'Orléans, en ce qu'il sembloit, par des précautions extraordinaires prises pour la sûreté du jeune roi, réveiller les soupçons odieux élevés contre lui quelques années auparavant, attentatoire à ses droits de premier prince du sang, puisqu'il le réduisoit aux simples fonctions d'un président de conseil de régence[2], fut cassé le lendemain même de la mort du roi, par le parlement, ivre de joie, après de si longues humiliations, d'avoir trouvé l'occasion d'exercer un acte de puissance politique, attendant tout de sa position nouvelle, et déjà ne mettant plus de bornes à ses espérances et à ses prétentions. Les princes légitimés, et particulièrement le duc du Maine, n'étant plus soutenus par la main puissante qui les avoit si prodigieusement élevés, descendirent dès lors presque aussi bas qu'ils pouvoient descendre; le neveu de Louis XIV fut nommé régent de France pendant la minorité de Louis XV, et dut ce succès à la promptitude de ses mesures, à l'adresse avec laquelle il avoit su prodiguer, aux grands du royaume et aux magistrats, des promesses qu'il étoit bien résolu de ne pas tenir. Le droit de remontrance fut rendu au parlement, et peu s'en fallut que, dans cette même séance, il n'obtînt encore davantage[3]; la création que fit sur-le-champ le nouveau régent, de sept conseils auxquels furent attribués les divers départements des affaires, lui fournit les moyens de satisfaire ces grands, si long-temps exclus du pouvoir, qui conservoient aussi des souvenirs très vifs de ce qu'avoient été leurs pères, et toutes les prétentions de leur ancienne aristocratie. Ils obtinrent les premières places dans ces conseils; et le prince trouva encore le moyen de se rendre agréable aux classes moins élevées, en y faisant entrer quelques hommes d'une naissance inférieure, mais qui lui étoient signalés par l'estime publique que leur avoient acquise leur capacité et leur intégrité. Dans ces premiers moments, plusieurs améliorations furent faites dans l'administration des affaires publiques, et l'on en fit espérer beaucoup d'autres; on pourvut à un paiement plus régulier des troupes; celui des rentes de l'Hôtel-de-Ville fut assuré; les attributions des intendants de province, qui sembloient trop étendues, subirent quelques modifications généralement désirées; une ordonnance fixa le prix jusqu'alors si vacillant des matières d'or et d'argent; et, pour combler les espérances que le peuple avoit déjà conçues du nouveau gouvernement, le régent fit publiquement connoître la disposition où il étoit d'attaquer les traitants, que les malheurs de la dernière guerre avoient multipliés et gorgés de richesses, et de faire servir leurs dépouilles à acquitter les dettes de l'État; il y eut des réformes très sensibles dans les dépenses de la cour; enfin, il parla de diminuer les impôts, et demanda même publiquement des conseils sur les moyens d'y parvenir et d'en rendre la perception moins onéreuse aux contribuables. De si beaux commencements, qui enivroient la multitude, n'étoient pas faits pour en imposer à ceux qui connoissoient le caractère du duc d'Orléans.

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