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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 8/8)

Note 200 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS. (continued 2)

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Il n'est point de notre sujet de raconter comment Carvalho, depuis marquis de Pombal, ce ministre ambitieux et pervers d'un roi fainéant et voluptueux, parvint à exécuter cette audacieuse et criminelle entreprise; d'expliquer en détail les motifs de sa haine contre les jésuites, qui avoient projeté de le faire expulser du ministère, parce qu'ils avoient deviné son caractère et ses dangereux projets d'innovation; les moyens adroits et perfides qu'il sut employer pour séduire Joseph Ier, après avoir plus facilement gagné le vénal patriarche de Lisbonne, Saldagna; l'édifice de mensonges et de calomnies qu'il sut élever contre la société des enfants d'Ignace, la présentant à la fois comme une réunion de moines corrompus dans leurs mœurs et dans leurs croyances, puis comme un corps puissant et redoutable qui avoit conçu le projet d'une domination indépendante dans le Nouveau-Monde; comment il sut, à force d'importunités et en supposant des délits imaginaires, arracher à Benoît XIV un bref pour leur réformation, bref au moyen duquel Saldagna et lui commencèrent à les avilir et à les dépouiller, pour rompre ensuite brusquement avec Clément XIII, lorsque, la fraude ayant été reconnue, ce saint pape fit entendre ses cris et ses réclamations en faveur de l'innocence calomniée et persécutée; enfin cette machination exécrable et si digne de couronner cette œuvre d'iniquité d'un prétendu complot contre la vie du roi, complot dirigé et exécuté par Pombal lui-même, ce qui fut prouvé depuis jusqu'à l'évidence[200]; la procédure atroce et scandaleuse qui s'ensuivit, et dans laquelle furent enveloppés et les jésuites et deux illustres familles que redoutoit encore ce ministre tout puissant; les exécutions sanglantes qui la terminèrent et détruisirent ces deux familles[201]; la procédure plus abominable encore au moyen de laquelle, n'ayant pu parvenir à faire un régicide du jésuite Malagrida, on lui supposa des crimes monstrueux, impossibles, pour lesquels ce vieillard de soixante et quinze ans fut brûlé vif, à la vue de la population entière de Lisbonne, qu'il avoit, pendant un demi-siècle, édifiée de ses paroles et de ses exemples: «De manière, dit Voltaire lui-même, dont l'autorité sur ce point n'est pas suspecte sans doute, que l'excès du ridicule et de l'absurdité fut joint à l'excès de l'horreur[202].» La plus courte analyse de cette trame détestable, dont tous les fils furent saisis et mis à découvert du vivant même de Pombal[203], nous entraîneroit trop loin: il nous suffira de dire que le résultat de tant de crimes, fut un édit arraché le 3 septembre 1759 à l'imbécille monarque dont ce scélérat avoit fait sa dupe, par lequel les jésuites furent chassés de toutes les contrées soumises à la domination du Portugal, «pour avoir dégénéré de la sainteté de leur pieux institut;» et la manière dont on l'exécuta ne fut pas moins barbare que tout ce qui l'avoit précédé et amené[204].

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