Note 194 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS. (continued 2)
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De notre côté, la continuation de cette guerre devenoit impossible: la France n'en pouvoit plus; l'état des finances étoit désespéré, et le changement continuel des contrôleurs généraux, les expédients honteux ou téméraires que l'on essayoit chaque jour, loin de guérir le mal, l'aggravoient en accroissant la méfiance et en resserrant ainsi les derniers canaux par où l'argent auroit pu encore circuler. Frédéric en étoit réduit à ne pouvoir commencer une nouvelle campagne, et la Prusse se voyoit menacée d'être rayée de la liste des nations. La paix sembloit donc difficile à faire, même aux conditions les plus humiliantes: on essaya néanmoins d'entamer des négociations avec l'Angleterre, qui, bien que victorieuse avec tant d'éclat, étoit obérée par ses victoires, et d'ailleurs ne désiroit pour le moment rien de plus que ce qu'elle avoit obtenu. Quant au roi de Prusse, ce fut la mort de la czarine Élisabeth, dont la haine implacable n'avoit cessé de le poursuivre, qui le sauva: il avoit un admirateur enthousiaste dans Pierre III; et si ce prince eût vécu, la Russie, d'ennemie qu'elle étoit, seroit devenue son alliée la plus sûre. Après la révolution de palais qui lui fit perdre à la fois le trône et la vie, Catherine, depuis si fameuse, garda du moins la neutralité, de manière que le poids de la guerre retombant tout entier sur l'Autriche, et l'avènement de Georges III au trône d'Angleterre ayant écarté du ministère Pitt qui seul s'obstinoit à repousser la paix, les opérations militaires languirent de toutes parts, les négociations prirent plus d'activité, et cette paix, le dernier et le plus cruel des affronts que la France avoit été depuis si long-temps forcée de subir[194], fut enfin signée au mois de février 1763.