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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 8/8)

Note 246 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS. (continued 2)

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C'étoit de sa part folie ou dérision. Il avoit depuis long-temps fait ses preuves contre l'autel: l'année suivante combla la mesure de ses outrages contre le trône. Des troubles s'étoient élevés en Bretagne, où l'administration inepte et arbitraire du duc d'Aiguillon, gouverneur de cette province, avoit fait naître une opposition séditieuse dans la noblesse et dans la magistrature: c'étoit une occasion offerte au parlement de Paris de sanctionner ce principe d'unité et d'indivisibilité de tous les parlements de France, qu'il avoit lui-même établi et qu'il lui importoit de maintenir. Il prit donc fait et cause pour le parlement de Rennes, fit, au sujet du duc d'Aiguillon, des remontrances, et prit à son égard des arrêts qui passoient tout ce qu'il avoit fait jusqu'alors de plus violent et de plus séditieux[246], secrètement soutenu et encouragé en cette circonstance par le duc de Choiseul, qui, jusqu'alors, s'étoit si heureusement servi de ses résistances pour intimider et gouverner son maître; poussa la témérité jusqu'à braver ouvertement le roi, qui, dans un lit de justice, avoit apporté lui-même à cette compagnie des ordres dont le ton plus ferme auroit dû cependant lui faire soupçonner que quelque chose d'extraordinaire se tramoit contre elle, si une si longue impunité ne l'eût plongée dans le dernier aveuglement[247]. Pour sévir contre une magistrature séditieuse qui, depuis tant d'années, le fatiguoit et l'irritoit, Louis XV n'avoit besoin que d'être dirigé et soutenu par une volonté plus ferme que la sienne: le chancelier Maupeou apporta cette volonté dans son conseil. Il arriva que le duc de Choiseul fut disgracié dans ce même temps, pour n'avoir pas su apprécier les justes bornes de sa faveur, et s'être fait un point d'honneur ridicule d'insulter la nouvelle maîtresse du roi[248], après avoir si long-temps rampé devant l'autre: alors il fut décidé qu'on auroit raison du parlement, ou qu'il seroit brisé. Il aima mieux rompre que plier, refusa d'obéir, cessa le service et résista aux lettres de jussion. Le chancelier, non moins opiniâtre et plus entreprenant, lui prouva que l'autorité royale, au milieu de toutes ses foiblesses, pouvoit être encore plus forte que lui: tous les membres du parlement furent exilés; la grand'chambre à qui, dans son exil, on avoit encore conservé son caractère et ses fonctions de cour de justice, persistant dans sa révolte, le dernier coup fut frappé, et, dans un lit de justice, tenu à Versailles avec une solennité extraordinaire, le roi cassa le parlement. Tout avoit été préparé par le chancelier pour qu'il fût, à l'instant même, remplacé par une autre cour de justice; et la rapidité d'exécution que l'on mit dans ces mesures bien concertées, en assura l'exécution.

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