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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 8/8)

Note 240 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS. (continued 2)

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Cependant le torrent des mauvais livres alloit toujours croissant: il débordoit jusque dans les campagnes, attaquant à la fois tous les pouvoirs et toutes les vérités; les brochures de Voltaire, où s'exhaloit, sous les formes les plus cyniques, une fureur d'impiété poussée jusqu'à la rage, se succédoient avec une rapidité prodigieuse, et la police ne sembloit veiller sur lui que pour lui assurer l'impunité[240]. Sa considération, son influence s'augmentoient par l'effet même des poisons qu'il répandoit dans la société; ses protecteurs et ses admirateurs étoient partout[241]. À leur tête s'étoit placé ce même Frédéric, dont la cour n'avoit cessé d'être le refuge assuré de tous les écrivains impies que la France rejetoit de son sein, qu'il faut considérer lui-même comme le plus coupable et le plus dangereux de tous, parce qu'il étoit roi, qu'il avoit une grande renommée, et qu'ainsi les exemples et les leçons qu'il donnoit, venant de plus haut, avoient plus d'autorité. La coterie, plus détestable encore, du baron d'Holbach[242] s'étoit organisée, et le Système de la nature avoit paru, c'est-à-dire un livre où, plus conséquents que tous les libres-penseurs qui les avoient précédés, ceux-ci déclaroient ouvertement la guerre à Dieu, aux prêtres, aux rois, rejetant tout ordre et toute société, livre qui effraya l'autre clique des philosophes[243], et que Voltaire attaqua avec ces foibles armes qui sont à l'usage des déistes contre les athées, et qu'il est si facile à ceux-ci de briser entre leurs mains[244]. D'Holbach et son principal auxiliaire, Diderot, triomphèrent donc, et sans beaucoup d'efforts, de leurs consciencieux adversaires, et la nouvelle école de philosophie qu'ils avoient formée, plus positive et plus entreprenante, répandit encore plus de doctrines séditieuses et anarchiques, eut des succès plus décisifs, et un plus grand nombre de sectateurs. Épouvanté de ces ravages que faisoient en France les mauvais livres, Clément XIV en condamna plusieurs par des décrets; l'assemblée du clergé de 1770 renouvela ses avertissements et les accompagna de prédictions sinistres sur ce fléau, le plus grand de tous ceux dont la France étoit désolée; le parlement lui-même, inconséquent jusqu'à la fin, osa condamner de nouveau ces funestes productions, les accusant de saper à la fois le trône et l'autel[245].

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