Note 214 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS. (continued 2)
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Pendant qu'une réunion si imposante des premiers pasteurs de l'église de France réclamoit ainsi en faveur des Jésuites, leurs ennemis n'avoient eu garde de perdre un temps que tant de circonstances leur prescrivoient de bien employer. À peine la dénonciation de l'abbé de Chauvelin avoit-elle été prononcée, que toutes les presses du parti s'en étoient emparées; on l'avoit répandue avec profusion dans les provinces, et à ce signal convenu, tout avoit commencé à fermenter dans les autres parlements. Trois avocats et procureurs généraux, Joli de Fleury à Paris, Monclar à Aix, La Chalotais à Rennes, s'étoient mis sur le champ à l'œuvre. Un atelier de Jansénistes, établi aux Blancs-Manteaux, leur fournissoit des matériaux, composés, suivant les traditions polémiques de la secte, de textes altérés, isolés, tronqués, falsifiés; des plumes, plus exercées que celles de ces magistrats, étoient employées à revêtir ces compositions mensongères de tous les prestiges de l'art oratoire, et des formes les plus énergiques de la satire. Ce fut ainsi qu'ils publièrent des Comptes rendus. L'écrivain choisi pour polir le travail de La Chalotais, s'étoit montré le plus adroit et le plus éloquent[214]. Ce fut ce compte rendu qui fit le plus de sensation, et cette sensation fut prodigieuse: on se l'arrachoit, on en dévoroit les pages, on croyoit à toutes ces infamies que le silence des jésuites sembloit confirmer, et un cri presque universel s'éleva contre l'Institut.