← Table of contents
Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 8/8)

Note 212 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS. (continued 2)

Reading edition

Cependant quelque opposition se manifesta dès lors contre cette persécution inique, et ce fut dans la famille royale qu'elle se forma. La reine, dont la pitié étoit si sincère et si vive, le Dauphin, qui promettoit à la France un règne si différent de celui de son père, savoient les répugnances qu'éprouvoit Louis XV à se prêter aux projets de la cabale, et ne cessoient de l'exciter à montrer enfin qu'il étoit le maître, en arrêtant ce torrent d'intrigues et de basses vengeances. Leurs sollicitations en obtinrent un arrêt qui ordonnoit aux jésuites de remettre à son conseil d'état les titres de leurs divers établissements, et qui défendoit au parlement de rien statuer avant un an, sur l'institut et les constitutions de ces religieux. De pareils ordres n'étoient pas faits pour l'arrêter: il avoit déjà bravé les injonctions royales pour de moins grands intérêts; et nonobstant l'arrêt du conseil, il reçut le procureur général appelant comme d'abus de toutes les bulles ou brefs promulgués en faveur de la société[212]; condamna au feu vingt-quatre ouvrages composés par des jésuites, comme séditieux, destructifs de la morale chrétienne, et enseignant une doctrine coupable et meurtrière; déclara, d'après l'assertion absurde et calomnieuse du dénonciateur, «Que tel étoit l'enseignement constant et non interrompu de la société; rejetant à cet égard tous désaveux ou rétractations, comme inutiles et dérisoires; lui défendit de tenir des colléges, et à tout sujet du roi d'y étudier, ou d'entrer dans son institut.» À cet acte de révolte si insolent, le déplorable prince, qu'ébranloient et commençoient à entraîner les manœuvres artificieuses de sa favorite et de son principal ministre, ne sut opposer que des lettres patentes qui suspendoient l'exécution de ces mesures iniques, lettres que le parlement enregistra, mais avec cette stipulation audacieuse, que la suspension ordonnée auroit pour terme le premier avril 1762.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings