Note 210 — QUARTIER SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS. (continued 2)
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C'étoit dans le plaidoyer de l'avocat général que se trouvoient les déclamations les plus violentes contre les constitutions de la société. Il y insistoit surtout, avec une affectation marquée, sur cette obéissance des religieux envers leur général, obéissance qu'il appeloit passive et aveugle, comparant celui-ci à ce Vieux de la montagne, dont le moindre signe dirigeoit à son gré ses bandes d'assassins. La composition en avoit été concertée avec l'abbé de Chauvelin qui, prenant de là son texte, dénonça ces constitutions dans une séance du parlement[210], à laquelle on avoit affecté de donner une grande solennité. Cette dénonciation, faite avec assez d'art, et qu'il renouvela, quelques jours après, dans un second discours, n'étoit néanmoins, quant au fond, qu'un résumé des vieilles calomnies répétées jusqu'à la satiété contre cette institution religieuse, et toutes constamment fondées sur ce raisonnement absurde: «Que plusieurs Jésuites théologiens, anciens et modernes, ayant publié certaines opinions pernicieuses, tant dans le dogme que dans la morale, il s'ensuivoit nécessairement que tel étoit l'enseignement constant et non interrompu de la société[211];» Argument au moyen duquel il n'étoit pas une seule institution politique et religieuse qu'il n'eût fallu détruire en France, à commencer par le parlement, à qui l'on pouvoit opposer un si grand nombre d'arrêts hérétiques, séditieux et même régicides, qu'il avoit rendus, à peu près dans tous les temps. Il n'est pas besoin de dire que la dénonciation fut accueillie: le parlement ordonna en conséquence qu'examen seroit fait des constitutions de la société de Jésus.