Note 71 — QUARTIER DU LUXEMBOURG.
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Toutefois ce qu'avoit dit Achille de Harlay peut être considéré comme modéré auprès du discours que prononça le lendemain l'avocat-général Talon, la grande chambre et la tournelle assemblées. Après avoir passé en revue et l'affaire de la régale, et la déclaration, et cette affaire plus récente des franchises, à l'occasion de laquelle il établit en principe que les rois de France et leurs gens dans l'exercice de leurs charges devoient s'inquiéter fort peu des censures ecclésiastiques et des anathèmes de la cour de Rome, il fut aussi de l'avis de convoquer un concile «comme le moyen le plus naturel de réprimer les abus que les ministres de l'Église (ce qui vouloit dire le souverain pontife, chef de l'Église et vicaire de Jésus-Christ) pouvoient faire de leur puissance. Et comme Innocent XI s'obstinoit, contre toute raison et toute justice, à refuser des bulles aux évêques nommés depuis la déclaration, ce qui ne laissoit pas que d'avoir d'assez graves inconvénients, il proposoit un moyen d'y remédier, moyen, selon lui, très facile et très efficace: c'étoit de se passer du pape, de rétablir les élections par le peuple et par les chapitres, pour ensuite, avec l'agrément du roi, être procédé par le métropolitain à l'ordination et à l'imposition des mains, sans avoir recours à aucune autre puissance.» Ce discours, qu'on auroit cru prononcé dans le Parlement de Henri VIII, par son vicaire-général Cromwell, fut terminé par les plus violentes invectives contre Innocent XI, que cet avocat-général n'eut pas honte de présenter comme fauteur d'hérétiques, protecteur des disciples de Jansénius, spectateur tranquille des progrès du Quiétisme; qu'il eut l'audace de peindre comme un vieillard dont l'âge et les infirmités avoient affoibli la tête, à qui on rendroit même service en se passant de ses bulles et en le déchargeant du fardeau trop pesant pour lui de gouverner les églises particulières[71].