Note 573 — QUARTIER S.-ANDRÉ-DES-ARCS.
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Les religieux de Saint-Germain ne tardèrent pas à se relâcher de ces conditions sévères qu'ils avoient imposées d'abord aux frères mineurs; et dès 1240 on voit que non-seulement ils leur permirent d'avoir une église, un cimetière et des cloches, mais encore qu'ils consentirent en leur faveur à l'aliénation de deux pièces de terre que des personnes pieuses vouloient acquérir pour eux, dont l'une étoit contiguë à leur couvent, et l'autre située au-delà des murs. Saint Louis se chargea de faire bâtir leur église, et y consacra une partie de l'amende de dix mille livres, à laquelle il avoit condamné Enguerrand de Couci[573]. Elle ne fut dédiée que le 6 juin 1262, sous le titre de Sainte-Magdeleine. Depuis, ces religieux firent encore, sur les terres de l'abbé de Saint-Germain, diverses acquisitions que celui-ci voulut bien leur amortir; et en 1298, Philippe-le-Hardi leur donna la rue qui régnoit le long des murs, depuis la porte d'Enfer jusqu'à celle de Saint-Germain. Mais dans le siècle suivant, la nécessité où l'on se trouva de fortifier la ville, lors de la prison du roi Jean, ayant forcé d'abattre les maisons qu'ils avoient bâties sur ce terrain, et de détruire une partie de leurs vignes pour creuser des fossés, Charles V crut devoir les en dédommager en leur donnant la propriété de deux maisons situées rue de la Harpe et de Saint-Côme, qu'il avoit achetées des religieux de Molême; et de ses propres deniers fit construire pour eux de grandes écoles et plusieurs autres bâtiments. Ils reçurent à différentes époques des marques non moins éclatantes de la générosité de plusieurs illustres personnages. Ce fut Anne de Bretagne qui fit rebâtir leur réfectoire, lequel avoit cent soixante-douze pieds de long sur quarante-trois de large. Un incendie, arrivé en 1580, ayant détruit leur église presque de fond en comble[574], elle fut reconstruite sur les mêmes fondements par les libéralités de Henri III, des chevaliers du Saint-Esprit et autres personnes de considération. On commença les travaux en 1582. En 1585 le chœur fut fini, et dédié sous l'invocation de Sainte-Magdeleine. Les largesses du président de Thou, de son fils Jacques-Auguste de Thou et de quelques autres, fournirent les moyens de continuer la nef, qui fut achevée en 1606. En 1672 on bâtit la chapelle du tiers-ordre de Saint-François, laquelle fut dédiée sous le nom de Sainte-Élisabeth; enfin, en 1673, ces religieux firent reconstruire leur cloître et élever au-dessus de vastes dortoirs. On mit alors sur la porte cette inscription: le grand couvent de l'observance de Saint-François, 1673[575]. Toutefois ces bâtiments ne furent achevés que dix ans après.