Note 628 — QUARTIER S.-ANDRÉ-DES-ARCS.
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Le palais des Thermes, dont nous avons déjà décrit le beau débris que l'on voit encore dans la rue de La Harpe, s'étendoit aussi dans la rue des Mathurins. Au treizième siècle il fut détruit et divisé en plusieurs parties. Celle qui régnoit sur cette rue fut acquise en 1243, d'abord par Raoul de Meulent, ensuite par Robert de Courtenai. Au commencement du quatorzième siècle, un de ses descendants, Jean de Courtenai, la vendit à l'évêque de Bayeux. Elle fut ensuite acquise par Pierre de Chalus, évêque de Cluni, quoiqu'il eût déjà une maison à la porte Saint-Germain et un logement au collége de Cluni. Enfin cet hôtel fut entièrement rebâti, suivant Jaillot, en 1490[628], par les soins de Jacques d'Amboise[629], abbé du même monastère, évêque de Clermont, etc. Cet édifice, qui existe encore en entier, et qui est bien conservé, nous semble un des monuments gothiques les plus élégants de la capitale, et mérite d'être visité par les curieux. Le portail et les croisées en sont couverts de sculptures très-délicatement travaillées; la chapelle, située au premier étage sur le jardin, offre une construction remarquable et singulière: la voûte, très-chargée de sculptures, est soutenue par un seul pilier de forme octogone élevé au milieu, et auquel viennent aboutir toutes les arêtes. Sur les murs de cette chapelle, qui peut avoir vingt à vingt-deux pieds carrés, étoient placés, en forme de mausolées, les portraits de la famille de Jacques d'Amboise, entre autres celui du cardinal; ils étoient la plupart à genoux, habillés suivant le costume du temps. Le fond étoit décoré d'un groupe de quatre figures représentant saint Jean, Joseph d'Arimathie et la Vierge qui pleure sur le corps de son fils. Le piédestal de ce groupe servoit d'autel[630].