← Table of contents
Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 5/8)

Note 54 — QUARTIER DE LA PLACE MAUBERT.

Reading edition

L'armée royale, à la tête de laquelle on voit paroître pour la première fois le duc d'Anjou, frère du roi[54] (depuis Henri III), se mit aussitôt à leur poursuite: incapables de se mesurer avec elle, ils éprouvèrent dans leur retraite des peines et des fatigues infinies; et avant qu'ils eussent pu parvenir jusqu'à ces Allemands dans lesquels ils mettoient toute leur espérance, l'occasion se présenta de les détruire sans ressource par un seul combat de cavalerie. L'hésitation du maréchal de Cossé l'ayant fait manquer, ils opérèrent leur jonction avec leurs alliés, et on les vit rentrer en France avec une armée leste, pleine de confiance, et assez nombreuse pour braver celle du vainqueur. Toutefois la suite ne répondit point à d'aussi beaux commencements: l'activité de Catherine et ses intrigues; l'argent du roi distribué à propos pour exciter la désertion des Allemands; le mauvais succès du siége de Chartres, entrepris mal à propos par les confédérés; des promesses nouvelles d'amnistie de tolérance répandues dans le camp du prince; l'impossibilité où le prince de Condé se trouva de donner à ses avides auxiliaires autre chose que des promesses fondées sur le succès à venir de ses armes; le dénûment et la fatigue des soldats, qui ne recevoient point de solde, et ne vivoient que de pillage, telles furent les causes qui amenèrent en peu de temps la ruine de cette armée si florissante; et l'effet en fut si rapide, que les chefs, dans la crainte de se voir tout-à-fait abandonnés, consentirent à cette seconde paix (1568), qui fut de si courte durée, et dont chacun put prévoir la rupture au moment même où elle fut signée.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings