Note 33 — QUARTIER DE LA PLACE MAUBERT.
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On se prépara des deux côtés à la guerre: les chefs catholiques, maîtres de la personne du roi, traitant le prince de Condé et ses partisans de rebelles à la puissance légitime; le prince prétextant la captivité du monarque et de sa mère pour ôter à sa conduite le caractère de rébellion. Toutefois les moyens et les avantages étoient bien différents. C'étoit vainement que le parti réformé rejetoit les déclarations de Charles et de Catherine, comme extorquées par la tyrannie des triumvirs: ceux-ci, maîtres de la personne du roi, soutenus de la population entière de la capitale et de la majeure partie de la nation, défenseurs de la religion de l'état, avoient non-seulement les apparences, mais aussi toute la force du parti légitime; et le parlement, auquel le prince de Condé s'adressa, le lui fit bien voir en repoussant avec amertume les apologies, déclarations et protestations qu'il jugea à propos de lui envoyer. Cependant, à peine la nouvelle du prétendu massacre de Vassy et de la prise d'Orléans se fut-elle répandue, que les protestants, qui sembloient n'attendre que le signal de la rébellion, coururent de toutes parts aux armes, et s'emparèrent par surprise d'un grand nombre de villes, et entre autres de la ville de Rouen, où ils se livrèrent aux plus grands excès. De l'or et de l'argent des églises, qui furent dévastées et profanées partout où passèrent leurs armées, le prince de Condé fit battre monnoie pour payer ses soldats; et, tandis que les triumvirs négocioient avec le pape, le roi d'Espagne, le duc de Savoie, il renouoit ses négociations avec les princes allemands et avec la reine d'Angleterre, qui s'apprêtoit à lui faire payer cher son alliance et ses secours. On commença à se battre dans le Languedoc, dans la Guienne, dans le Dauphiné; et, dès les premiers moments de cette guerre coupable et impie, les huguenots furent ce qu'ils ne cessèrent point d'être jusqu'à la fin, fanatiques et cruels jusqu'à la plus atroce barbarie, comme s'ils eussent pris à tâche de justifier les terribles représailles que les catholiques devoient bientôt exercer contre eux[33]. Aux simples gentilshommes se joignirent bientôt beaucoup de seigneurs des plus considérables de la cour, dont plusieurs avoient eu des commandements dans les armées, et qui, par leur réputation, leur habileté et leur influence, firent depuis la principale force du parti. Enfin le mal devint si violent et si général, qu'il eût fallu une armée catholique presque dans chaque province pour en arrêter les progrès; et que, sans la fermeté de Blaise de Montluc, commandant pour le roi dans la Guienne, et l'arrivée des troupes italiennes et des garnisons françoises qui entrèrent dans le Dauphiné, c'en étoit fait peut-être en France et de l'autorité royale et de la religion.