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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 5/8)

Note 358 — QUARTIER DE LA PLACE MAUBERT. (continued 4)

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Toutefois ce ne fut pas sans de grandes vicissitudes qu'elle parcourut cette carrière, périlleuse pour elle en même temps qu'elle préparoit tant de périls à l'état; et le pouvoir temporel avoit pour la réprimer des moyens plus efficaces que ceux dont l'autorité spirituelle crut long-temps devoir faire usage. Les malheurs affreux qui désolèrent la France sous le règne de l'infortuné Charles VI, et pendant les premières années de celui de Charles VII, commencèrent à obscurcir les prospérités jusque-là toujours croissantes de l'Université, et même à porter quelque atteinte à ces priviléges dont elle étoit si fière. Quoique traitée avec peu de ménagements[358] par les Anglais, devenus maîtres de la capitale, elle avoit mis cependant dans sa conduite envers ces étrangers assez peu de mesure pour blesser le légitime souverain, qui parut en avoir conservé quelque ressentiment. Comprise dans le pardon général que le prince accorda à tous les ordres de l'état lorsqu'il fut devenu paisible possesseur de son royaume, elle crut pouvoir reprendre le rang que jusqu'alors elle avoit tenu, et étaler les mêmes prétentions; mais l'autorité monarchique avoit pris une vigueur plus grande, en même temps que cette compagnie avoit perdu de sa considération. Aussi ardente que jamais sur ses priviléges, que les gens de finances ne cessoient d'attaquer, elle trouva moins de patience et moins de faveur auprès du roi, et perdit enfin le droit magnifique qu'elle avoit eu jusqu'alors, de ne reconnoître que lui pour juge dans toutes les matières civiles et contentieuses qui intéressoient le corps entier[359]. Charles VII, mécontent de sa conduite passée, fatigué de ses plaintes continuelles, et voulant abattre enfin cet esprit de mutinerie désormais incompatible avec l'accroissement chaque jour plus marqué de la prérogative royale, transporta au parlement cette haute juridiction que jusque-là nos rois seuls avoient exercée dans les affaires de l'Université. On peut bien penser qu'elle ne se soumit à un tel joug qu'avec une grande répugnance; mais ce fut une nécessité de s'y soumettre. Sous Louis XI, les coups dont elle fut frappée furent encore plus rudes: il viola plus d'une fois ses priviléges, se mêla de son gouvernement intérieur, ce qui jusqu'alors n'étoit point arrivé, et lui fit sentir qu'il n'étoit rien que l'autorité royale ne pût se permettre avec elle. Plus heureuse sous Charles VIII, qui, quoique non lettré, fut un zélé protecteur des lettres; justement humiliée[360], et cependant maintenue dans tous ses droits sous Louis XII, qui sut, à la fois, réprimer ces idées d'indépendance dont elle étoit toujours possédée, et conserver dans une situation florissante une compagnie qui apportoit à la France tant de gloire et d'utilité, elle avoit pris enfin un sentiment de bienséance, et les apparences de cette modération qui doit être le principal caractère de toute société savante, lorsque le prince qui devoit être le restaurateur des lettres monta enfin sur le trône.

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