Note 357 — QUARTIER DE LA PLACE MAUBERT. (continued 4)
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Ainsi munie de priviléges et de lois constantes et organiques, protégée par les papes contre toute juridiction séculière, à peine soumise aux rois, qui, pendant plusieurs siècles, semblèrent se complaire, et bien imprudemment sans doute, à accroître ses avantages et son influence, consultée dans toutes les affaires importantes de la religion, s'immisçant sans qu'on y trouvât à redire dans celles de l'état, l'Université joua, pendant plusieurs siècles, un rôle important dans les plus grands événements de la France, principalement dans ceux dont la ville de Paris fut le théâtre; et l'on est forcé d'avouer qu'elle s'y présente le plus souvent sous un aspect peu favorable, soit qu'elle soutienne avec trop de complaisance les désordres et l'esprit de sédition de ses disciples; soit que, jalouse à l'excès de ses priviléges, elle abuse quelquefois, pour les maintenir, des avantages de sa position et de la foiblesse du prince; soit enfin qu'agitée intérieurement par une foule de petites passions particulières, elle offre le spectacle scandaleux et trop souvent répété des disputes du recteur avec le doyen et le chancelier, de la guerre des nations contre les facultés, d'une animosité souvent trop violente à l'égard des ordres mendiants. C'étoit comme une espèce de république au milieu d'une monarchie; et ces mœurs, ces habitudes républicaines se développèrent avec plus de licence et plus de danger pour l'état, lorsque le grand schisme d'Occident et les deux conciles si malheureusement fameux qui le suivirent, eurent introduit en France toutes ces maximes séditieuses sur l'autorité spirituelle, qui désolèrent l'église et commencèrent, dans la société chrétienne, à fomenter la rébellion des peuples et à établir le despotisme des rois. L'Université fut la première à adopter ces maximes, et nous avons montré qu'elle avoit su d'abord en tirer toutes les conséquences[357]. C'est alors qu'elle offrit le spectacle effrayant et déplorable de tous les égarements dans lesquels peuvent se précipiter, la science sans guide et sans frein, et la raison humaine livrée à son orgueil et à ses ténèbres. Ce ne fut pas seulement contre le chef de l'église, mais par une suite nécessaire, contre tout pouvoir spirituel et temporel que l'Université se créa des doctrines et rassembla des arguments; ce fut surtout dans son sein que s'accrut, que se fortifia cette licence des esprits, qui, à l'ombre des libertés gallicanes, se manifesta si souvent et sous tant de formes hideuses ou bizarres, produisit, dans l'état les parlementaires, dans l'église les jansénistes, lesquels devoient eux-mêmes produire à leur tour l'athéisme philosophique et l'anarchie révolutionnaire, creusant ainsi de jour en jour davantage l'abîme où s'est engloutie la société.