Note 453 — QUARTIER DE LA PLACE MAUBERT. (continued 4)
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Rue de Lourcine. On devroit écrire et prononcer Lorcines. Elle aboutit d'un côté à la rue Moufetard, de l'autre à la barrière de Gentilly. L'orthographe de ce nom a beaucoup varié: Sauval[453] écrit Loursine, l'Oursine et Lorsine; Corrozet l'Orsine; Gomboust et Jouvin de l'Ursine; Dheulland la nomme rue des Cordelières. L'abbé Lebeuf[454] a trouvé dans les titres de Sainte-Geneviève cette rue désignée in Lorcinis, de Laorcinis en 1248 et 1250, et apud Lorcinos en 1260, d'où il conjecture «que ce nom a été fabriqué sur le françois Lorcines; car j'ai vu, dit-il, un titre de 1245, peut-être le plus ancien qu'on ait sur ce lieu, où il est nommé Locus cinerum.» Il se livre là-dessus à des idées assez singulières, dont Jaillot prouve le peu de solidité en citant un cartulaire de Sainte-Geneviève de 1243, dans lequel le Locus cinerum et la terre de Laorcinis sont énoncés comme deux endroits différents. Le nom de Laorcinis lui semble même être le plus ancien, parce qu'on le trouve dans l'acte de vente que Thibauld le riche et Pétronille sa femme firent, en 1182, aux frères de l'hôpital de Jérusalem, d'une grange située propè ulmum de Laorcinis. C'est là que fut depuis l'hôtel du fief de Lorcines appartenant à Saint-Jean-de-Latran. Ce nom primitif de Laorcinis s'est conservé dans ceux de Lorcinis et Lorcines ou Lourcine: celui de Locus cinerum a subsisté long-temps dans le nom de rue de la Cendrée, appelée aujourd'hui Poliveau ou des Saussaies.