Note 266 — QUARTIER DE LA PLACE MAUBERT. (continued 3)
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Il est peu de maisons religieuses dont la célébrité soit constatée par un plus grand nombre de monuments, et dont l'origine présente plus d'incertitude et d'obscurité. Les annales manuscrites de cette maison font mention d'un monastère existant avant le douzième siècle; la Chronique d'Alberic[266] parle d'un prieuré de moines noirs de Marseille; et l'on trouve dans un autre écrit très-ancien[267] que des chanoines réguliers étoient établis hors de la ville de Paris, dans un lieu où il y avoit une chapelle de Saint-Victor. On cite à ce sujet une charte de Philippe Ier, datée de l'an 1085, et souscrite par Anselme, abbé de Saint-Victor de Paris. Les historiens de Paris, et Duboulay[268] concluent, d'après cette charte, de l'existence de l'abbaye à cette époque. L'abbé Lebeuf[269], au contraire, va jusqu'à nier l'existence de la charte. La critique de Jaillot[270] a jeté de grandes lumières sur cette discussion. Il prouve d'abord, contre l'abbé Lebeuf, que cette charte existe bien réellement, ensuite, contre ses adversaires, qu'elle est absolument étrangère aux moines de Saint-Victor et qu'on peut même douter de son authenticité; mais que, dans tous les cas, la souscription du prétendu Anselme, abbé de ce monastère, ne peut avoir été apposée que sur une copie, parce qu'elle est accompagnée de celle de plusieurs autres personnages bien connus[271], qui ne vivoient que cent cinquante ans après cette date de 1085; et cette démonstration, qu'il pousse jusqu'à l'évidence la plus complète, lui sert même à rectifier le nom de cet abbé de Saint-Victor, mal à propos nommé Anselme par une erreur de copiste, et qui se nommoit réellement Ascelin.