Note 159 — QUARTIER DE LA PLACE MAUBERT. (continued 3)
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Peu s'en fallut que le roi de Navarre, que nous appellerons maintenant du beau nom de Henri IV, ne fît en ce moment même une triste épreuve de cette parole prophétique; et c'est ici que se fait voir le véritable caractère de la ligue générale de la France, si différente de la ligue particulière de Paris. À peine Henri III eut-il rendu le dernier soupir, qu'une fermentation sourde agita l'armée, et que toute cette noblesse catholique, qui avoit suivi avec tant d'ardeur le feu roi à la conquête de sa capitale, parut disposée à abandonner son successeur. Quelques-uns sans doute voulurent profiter de la circonstance pour faire acheter leurs services; mais l'événement prouva que le plus grand nombre n'écoutoit que son zèle religieux, et se faisoit scrupule de servir un roi huguenot. Ceux-ci le lui déclarèrent avec franchise et fermeté; et pour les ramener, il lui fallut toute la force de son caractère et toute l'adresse de sa politique. Il y réussit en grande partie, toutefois sous la promesse, confirmée par serment, de maintenir dans le royaume la religion catholique, sans rien innover à cet égard[159], de se faire instruire, et de se soumettre aux décisions d'un concile général ou national avant six mois. Cependant la défection de d'Épernon, que des mécontentements particuliers, plus que des motifs de religion, déterminèrent à se retirer avec ses troupes dans son gouvernement, fut d'un mauvais exemple pour plusieurs qui l'imitèrent, ce qui affoiblit tellement l'armée du roi, qu'il se vit dans la nécessite de lever le siége de Paris. Après avoir mis ordre aux affaires les plus pressantes, nommé ou confirmé dans les divers emplois les officiers civils ou militaires de provinces qui reconnoissoient sa domination, il partagea ses troupes en trois corps, dont les deux premiers furent envoyés en Champagne, tandis qu'à la tête du troisième, il se dirigea vers la Normandie pour y faire sa jonction avec l'armée auxiliaire que l'Angleterre avoit promis de lui envoyer.