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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 5/8)

Note 64 — QUARTIER DE LA PLACE MAUBERT. (continued 2)

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L'amiral y revint aussi dans le même temps; ses conférences avec le roi devinrent plus fréquentes et plus mystérieuses; la reine et le duc d'Anjou, dont les yeux étoient toujours ouverts sur l'un et sur l'autre, et épioient leurs moindres démarches, remarquèrent que la tête du jeune monarque s'échauffoit de plus en plus sur cette guerre de Flandre, qu'il parloit souvent du dessein où il étoit de la conduire lui-même en personne, et de ne plus laisser recueillir à d'autres une gloire qui n'appartenoit qu'à lui. C'étoit là l'effet des manœuvres de Coligni. L'artificieux vieillard dressoit avec lui le plan de cette guerre, en régloit les opérations avec lui et profitoit de ces moments où Charles prenoit tant de plaisir à l'entretenir, pour l'exaspérer encore davantage contre sa mère et contre son frère. Les choses en vinrent au point «que s'ils l'abordoient (c'est le duc d'Anjou lui-même qui parle) après un de ces entretiens fréquents et secrets, pour lui parler d'affaires, même de celles qui ne regardoient que son plaisir, ils le trouvoient merveilleusement fougueux et refrogné, avec un visage et des contenances rudes; ses réponses n'étoient pas comme autrefois accompagnées d'honneur et de respect pour la reine et de faveur et bienveillance pour lui.» Il ajoute «que peu de temps avant la Saint-Barthélemi, étant entré chez le roi, au moment que l'amiral en sortoit, Charles IX, au lieu de lui parler, se promenoit furieusement et à grands pas, le regardant souvent de travers et de mauvais œil, mettant parfois la main sur sa dague avec tant d'émotion, qu'il n'attendoit, sinon qu'il le vint colleter pour le poignarder; qu'il en fut tellement effrayé, qu'il prit le parti de se sauver dextrement avec une révérence plus courte que celle de l'entrée; que le roi lui jeta de si fâcheuses œillades, qu'il fit bien son compte, comme on dit, de l'avoir échappée belle.» Telles sont les propres paroles de ce prince; et si l'on considère les circonstances dans lesquelles elles furent dites[64], et tous les témoignages qui les fortifient, il est impossible d'en suspecter la véracité.

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