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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 5/8)

Note 104 — QUARTIER DE LA PLACE MAUBERT. (continued 2)

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Nous avons fait voir comment le grand schisme d'Occident et les deux conciles fameux qui le suivirent, favorisèrent cette rébellion des princes temporels contre le chef de la chrétienté[104]; et particulièrement ce qui en arriva en France, où le clergé lui-même, allant au-devant des servitudes qu'on lui préparoit, aida les rois à secouer ce joug salutaire, dont leur fausse politique alloit bientôt dégager aussi leurs peuples; révolution fatale qui, laissant toujours subsister l'opposition religieuse, puisque ces peuples continuoient d'être religieux, eut pour résultat de la déplacer et de la transporter du chef de l'Église à ses membres. Ainsi, du dogme de la souveraineté des conciles découla nécessairement celui de la souveraineté du peuple[105]; et le pouvoir temporel fut ébranlé en même temps qu'il dépouilloit le pouvoir spirituel d'une prépondérance qu'il auroit dû plutôt accroître, s'il eût bien entendu ses propres intérêts. On a vu que ce fut dans le parlement que se forma par degré cette opposition tout à la fois politique et religieuse[106] que nos monarques se plurent à favoriser, s'isolant de jour en jour davantage du souverain pontife, se plaisant même à l'humilier comme prince temporel, le sacrifiant sans respect pour son caractère aux moindres caprices de leur ambition; abusant, sous ce rapport, de sa foiblesse contre toute justice, de leur force contre toute générosité[107]. De cette conduite, presque toujours hostile et quelquefois même jusqu'au scandale, il résulta comme une espèce de schisme toujours prêt à éclater entre la France et la cour de Rome[108]. Dans tout ce qui touchoit à la discipline, on peut dire que le roi s'y étoit fait chef de l'Église; encouragé par un tel exemple, le parlement ne tarda point à s'y ériger en tribunal ecclésiastique; et, pour prix de sa complaisance envers le pouvoir temporel, le clergé se vit dépouiller, et pour toujours, de sa juridiction.

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