Note 102 — QUARTIER DE LA PLACE MAUBERT. (continued 2)
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Il commande aux intelligences; il est le pouvoir spirituel: c'est ainsi qu'on le nomme et d'un accord unanime. Il faut donc, encore un coup, et par toutes les raisons que nous venons de dire, que le pouvoir temporel lui obéisse en tout ce qui tient à l'ordre spirituel, parce que lui-même doit être intelligence, et ce sous peine de ne point exister. Aussi, dès que la société politique fut devenue chrétienne, vit-on la suprématie du Saint-Siége s'établir d'elle-même et partout sur les peuples et sur les rois, n'éprouvant de résistance que de la part de ceux-ci, dont elle arrêtoit les injustices et les violences; sans cesse bénie et invoquée par ceux-là, dont elle étoit souvent le seul refuge contre l'oppression et la tyrannie. Nous avons fait voir comment le pouvoir spirituel introduisit par degré la civilisation parmi les conquérants barbares de la première race; comment, sous la seconde, il fut le salut de ces sociétés naissantes qui, à peine formées, alloient se dissoudre, si elles ne se fussent jetées dans son sein pour y retrouver l'ordre et la vie[102]. C'est seulement sous la troisième race que l'on voit le pouvoir temporel, mieux affermi, commencer à se montrer moins soumis; faire l'essai de ses forces en se soulevant contre cette autorité sainte; et montrer qu'il étoit de l'homme, par son orgueil et par sa révolte contre ce qui étoit de Dieu[103]. Il se passa du temps avant qu'il fût parvenu à briser ce joug, qu'il ne supportoit plus qu'avec impatience; et dans cette lutte des deux pouvoirs, ou pour mieux dire des enfants contre le père, ce que les papes montrèrent de zèle, de fermeté, de lumières pour le maintien de la foi et de l'orthodoxie, de courage et de haute politique pour la défense des libertés de l'Italie, de douceur, de prévoyance, d'esprit de charité et de conciliation pour réprimer l'abus de la force, apaiser les guerres, rétablir la concorde entre les princes, ne se peut assez admirer, et ne s'explique que par une assistance continuelle de cette Providence qui avoit promis de les assister et d'être avec eux jusqu'à la fin des temps.