Note 726 — QUARTIER SAINT-ANTOINE.
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Rue Saint-Antoine. Elle commence à la porte Baudoyer, et finit à la porte Saint-Antoine. Jaillot croit qu'elle doit ce nom à l'abbaye située dans le faubourg, à laquelle elle conduit, plutôt qu'à la maison du Petit-Saint-Antoine, ce qui étoit l'opinion de l'abbé Lebeuf[726]. Le premier nom que cette rue ait porté est celui de rue de la Porte Baudéer, vicus Portæ Baldeerii: on l'appeloit ainsi au commencement du treizième siècle; mais il faut observer que c'étoit seulement dans la partie voisine de cette porte; plus loin on la nommoit rue de l'Aigle, vicus de Aquilâ. Elle devoit ce nom à une maison qui portoit vraisemblablement un aigle dans son enseigne. Les cartulaires de Saint-Éloi et de Saint-Maur en font souvent mention, ainsi que du four banal que le prieuré de Saint-Éloi avoit dans cette rue, presque au coin de la rue de Joui: domus Aquilæ in vico Baldaeri, 1227. En 1230 elle est ainsi désignée, domus Aquilæ sita apud portam Bauderii; on y trouve aussi la rue indiquée sous le même nom de vicus de Aquilâ per quem itur apud Sanctum Antonium, juin 1244[727]. Ainsi la rue de l'Aigle faisoit la continuation de la rue de la porte Baudéer. Or, comme la censive de Saint-Éloi ne s'étendoit pas en-deçà de la rue des Barres, il est aisé d'en conclure que la rue de l'Aigle n'étoit ainsi nommée que depuis celle-ci jusqu'à la porte Saint-Antoine de l'enceinte de Philippe-Auguste. Le Cartulaire de Saint-Germain-l'Auxerrois[728] fait mention de cet endroit à l'an 1289, et le nomme terra quæ dicitur de Aquilâ versus portam Sancti Antonii. Enfin, depuis cette porte jusqu'à celle qui fut depuis construite sous le même nom, au règne de Charles VI, la rue Saint-Antoine portoit celui de rue du Pont-Perrin[729]: la place qui est à l'extrémité de cette rue, près de l'emplacement de la Bastille, se nomme place Saint-Antoine.