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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 3/8)

Note 238 — QUARTIER SAINT-EUSTACHE.

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Jaillot pense que toutes ces opinions sont destituées de fondement. Il prétend d'abord que les Augustins n'ont jamais possédé cette chapelle; et les preuves qu'il en donne sont que ces religieux achetèrent une maison et un jardin hors la porte de Montmartre; que non-seulement il n'est point fait mention dans le contrat d'acquisition qu'il y eût alors de chapelle en ce lieu, mais qu'il est au contraire prouvé qu'il n'y en avoit point, par l'acte même d'amortissement du mois de décembre 1259, lequel porte qu'ils y devoient faire construire une maison et une chapelle, ibidem domum et oratorium construere[238]. Celle qu'ils y firent élever portoit le nom de Saint-Augustin, et c'est ainsi qu'elle est désignée dans la bulle du pape Alexandre IV, du 6 juin 1260. Lorsque les Augustins abandonnèrent cette demeure en 1285, il n'est fait mention de la chapelle ni dans la cession qu'ils firent de leur manoir, en 1290, à Guillaume le Normand, ni dans la vente que l'évêque de Paris en fit en 1293 à Robert, fils du comte de Flandre. «On stipula, dit-il, dans cet acte, que le cimetière ne seroit point employé à des usages profanes: le silence qu'on garde sur la chapelle ne donneroit-il pas lieu de penser que, si elle eût existé, on auroit également stipulé ou qu'elle seroit conservée, ou que si l'on venoit à l'abattre, le terrain n'en seroit pas moins respecté que celui du cimetière? Il y a plus: auroit-on permis aux Augustins de la vendre à un particulier? Il en faut donc conclure qu'elle ne subsistoit plus alors, et que celle de Sainte-Marie-Égyptienne fut bâtie depuis sur l'emplacement de l'ancienne ou sur celui du cimetière qui lui étoit contigu[239].»

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