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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 3/8)

Note 416 — QUARTIER SAINT-DENIS.

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La plupart des historiens de Paris qui nous ont précédés nous offrent peu de secours lorsqu'il est question de fixer les dates et de démêler les origines; et il suffit qu'un monument ait quelque antiquité pour que l'on trouve à son sujet vingt opinions contradictoires. Par exemple, au sujet de l'hôpital de la Trinité, Corrozet et Sauval disent que «deux chevaliers, seigneurs de Galendes, donnèrent en 1202 leur maison pour y fonder un prieuré de l'ordre de Prémontré, lequel fut achevé en 1210.» Dubreul et le Maire ont écrit que «deux Allemands firent construire un hôpital pour les pélerins; qu'en 1210 ils obtinrent la permission d'y bâtir une chapelle, et qu'ils fondèrent trois religieux de Prémontré.» L'auteur des Tablettes parisiennes n'en place la fondation qu'en 1217, et La Caille en recule l'époque jusqu'en 1544. Sans entrer dans la discussion des raisons qui ont fait assigner des époques si différentes à l'origine de cet hôpital, nous tâcherons de la découvrir par l'examen des titres qui en font mention. Quoiqu'il n'en reste aucun qui soit antérieur à l'an 1202, il est hors de doute cependant que ces titres ne sont pas les premiers, puisqu'on trouve dans le cartulaire de Saint-Germain-l'Auxerrois[416] des lettres d'Eudes de Sully, évêque de Paris, dans lesquelles il déclare que de son consentement et de son autorité on avoit construit une chapelle dans la maison hospitalière de la Croix-de-la-Reine. Or, ces lettres, qui sont de la date de 1202, et qui furent données pour terminer une contestation élevée entre les frères de cet hôpital et le chapitre de Saint-Germain, prouvent évidemment que la fondation en avoit été faite avant cet incident. Ces mêmes lettres nous apprennent en outre, 1o que cet hôpital avoit été fondé par Guillaume Escuacol, à l'usage des pauvres de ce quartier, ad opus pauperum ejusdem loci; 2o qu'il s'appeloit l'hôpital de la Croix-de-la-Reine, à cause d'une croix ainsi nommée, placée au coin des rues Greneta et de Saint-Denis où cet hôpital avoit été construit; 3o enfin, que l'on convint qu'il seroit payé par les frères, à l'église de Saint-Germain, une rente de 10 sous, pour l'indemniser des droits qu'elle avoit sur ce terrain, et qu'il n'y auroit point de cloches à la chapelle. Toutefois ce dernier article ne fut pas long-temps observé, et les frères de l'hôpital prétendirent bientôt avoir des cloches. Le chapitre de Saint-Germain s'y opposa avec une grande vivacité. Choisi une seconde fois pour arbitre, Eudes de Sully décida, par sa sentence du mois d'août 1207[417], que les frères auroient ces cloches qu'on leur contestoit, en payant annuellement 10 autres sous au chapitre de Saint-Germain. On voit dans cet acte que cette maison prit dès lors le nom de la Sainte-Trinité, qui étoit apparemment le vocable de la chapelle.

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