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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 3/8)

Note 36 — QUARTIER MONTMARTRE.

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Pendant cette altercation de Marcel et de Maillard, le sire Pepin Désessarts, et le sire Jean de Charny, avoient eu, dit Froissard, comme par inspiration divine, quelque révélation du coup qui se préparoit. Sans rien savoir de ce qui se passoit, sans avoir avec Maillard aucune intelligence, ils s'arment; et Martin Désessarts, frère de Pepin, et Jacques de Pontoise, huissier d'armes, se joignent à eux. À leur premier appel se rassemblent autour de ces braves un grand nombre de leurs amis et de bourgeois restés fidèles au roi et au dauphin. D'abord ils se précipitent dans la maison de Joseran de Marcon, trésorier du roi de Navarre, agent de ce prince à Paris, et l'un des principaux conspirateurs: ils ne le trouvent point; déjà il étoit auprès de Marcel. Soudain ils courent à l'hôtel-de-ville: le chevalier Désessarts y saisit une bannière royale et se met à la poursuite du prévôt, en criant avec ses amis: Montjoie Saint-Denis au roi et au duc: meurent les traîtres. En un moment ils sont à la porte Saint-Antoine; ils y surprennent Marcel, tenant entre ses mains les clefs de Paris, et l'interpellent brusquement. Là comme à la Bastille Saint-Denis commencent de violents débats; les esprits s'échauffent: les menaces suivent les injures; déjà Maillard étoit arrivé avec ses amis, et leur troupe avoit grossi celle des fidèles. Les amis de Marcel se mettent en défense; on se mêle, on se frappe en tumulte. Le peuple attroupé poussoit contre eux des cris: À mort, à mort; tuez, tuez le prévôt et ses alliés; car ils sont traîtres. Philippe Giffart, échevin, étoit bien armé et le casque en tête: il vendit chèrement sa vie. Marcel, voyant tout perdu, étoit monté sur les degrés de la Bastille; il alloit s'enfuir: le sire de Charny s'élance à sa poursuite, l'atteint, lui décharge un coup de hache sur la tête, et le renverse mourant. Pierre Fouace et d'autres bourgeois se jettent sur lui et l'achèvent à coups d'épée et de hallebarde. Simon le Paumier et beaucoup de ses satellites, percés de mille coups, expirent sur son corps plus noblement qu'il n'appartenoit à de tels scélérats. On cherche de tous côtés les partisans de Marcel; tous ceux que l'on rencontre sont massacrés; beaucoup sont pris dans leurs demeures, chargés de fers et traînés en prison. La populace exerce mille outrages sur le corps du traître et sur ceux de ses complices les plus criminels; les autres périrent, les jours suivants, par la main du bourreau, et, à l'exception de l'évêque de Laon, pas un seul n'échappa[36].

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