Note 87 — QUARTIER SAINT-JACQUES-DE-LA-BOUCHERIE.
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Nous retombons à chaque instant dans les ténèbres profondes de ces antiquités, dont aucun titre authentique n'aide à démêler l'origine. Saint-Jacques-de-la-Boucherie est encore un de ces monuments sur lesquels on ne sait rien de certain, et au sujet desquels on a fait des milliers de conjectures. Dubreul, Malingre, Sauval, les historiens de l'église et de la ville de Paris, semblent adopter la tradition qui porte qu'anciennement cette église étoit une simple chapelle sous l'invocation de sainte Anne, chapelle qui fut changée en paroisse sous le règne de Philippe-Auguste. L'abbé Lebeuf réfute cette opinion, en prouvant que le culte de sainte Anne n'a été reçu en France qu'au treizième siècle[87]; mais celle qu'il présente n'est pas mieux fondée, car il pense que Henri Ier et Agnès de Russie sa femme purent faire construire cette chapelle qu'on dédia sous le titre de Sainte-Anne, parce que, dit-il, le nom d'Agnès se disoit en latin Agna et Anna. On pourroit lui contester que ces deux mots latins aient jamais été employés dans ce sens; mais une objection beaucoup plus forte, et qui renverse toute son hypothèse, c'est que, suivant nos meilleurs historiens, la princesse qu'épousa Henri Ier se nommoit Anne et non Agnès, et que dans la charte de fondation de Saint-Martin-des-Champs, où il lit Signum Agnetis, il faut lire Annæ reginæ, qui s'y trouve après la signature de Henri Ier et de Philippe son fils[88].