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Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 2/8)

Note 251 — QUARTIER DU LOUVRE. OU SAINT-GERMAIN-L'AUXERROIS.

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Les rois francs étoient propriétaires, et nous l'avons déjà dit, d'un immense domaine, d'un domaine divisé et répandu sur la surface entière de leur beau royaume. Ils en tiroient des revenus suffisants pour soutenir la majesté du trône et déployer dans leur cour toute la magnificence qui convenoit à leur rang suprême[251]. Ces vastes propriétés nourrissoient une population presque innombrable de vassaux, d'hommes libres, de serfs, qui ne dépendoient que d'eux et qui leur étoient entièrement dévoués; ils étoient protecteurs nés des foibles et des pauvres; c'est-à-dire que les églises, les veuves, les orphelins, les sujets romains, les artisans, généralement toutes les classes inférieures de la société, à qui le port d'armes étoit défendu, et sans doute encore tous les hommes libres qui n'avoient point de propriétés, étoient, dans toutes les parties de la France, sous la protection des justices royales; et que c'étoit avec le roi qu'il falloit composer, chaque fois que l'on troubloit leur paix et qu'on leur causoit quelque dommage. En raison de cette protection et de ce droit de juridiction sur une portion si considérable de leurs sujets, ces monarques levoient des tributs sur les terres romaines et sur tous les biens municipaux, ce qui comprenoit les cités, les bourgs et leur territoire; outre ces tributs qui se payoient régulièrement, il existoit encore des amendes et des parties casuelles qui grossissoient considérablement leur trésor; leur maison militaire étoit si nombreuse qu'elle formoit une espèce de petite armée, suffisante pour défendre la cour d'une invasion subite et résister à toute attaque imprévue; et les hommes libres qui la composoient, subsistant la plupart des largesses de la couronne, devenoient, lorsque ces princes savoient se les attacher, leur appui le plus sûr contre les rebelles et contre leurs ennemis. On n'a point oublié que toute justice relevoit de leur justice suprême; que leurs officiers civils et militaires, comtes, vicomtes, baillis, sénéchaux, etc., étoient établis et reconnus partout; qu'en même temps que ces officiers gouvernoient en leur nom tous ceux qui étoient immédiatement sous la dépendance absolue de la couronne, ils exerçoient une continuelle vigilance sur ceux qui prétendoient n'en dépendre qu'à de certaines conditions; et qu'à de certaines époques, les commissaires du roi parcouroient les provinces, y tenant des assises solennelles, où l'on réparoit tous les torts, où l'on appeloit de toutes les justices. Ajoutons enfin que si les rois francs n'avoient pas le droit de faire les lois générales qui régissoient la nation entière, personne ne leur contestoit celui de les faire exécuter; que s'il ne leur appartenoit point de décider de la paix et de la guerre, ils avoient du moins le précieux privilége de conduire leur brave noblesse aux combats et à la victoire, et qu'ils jouissoient alors, au milieu des camps, de toutes les attributions de la royauté.

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